Est-ce la peur de gagner qui tétanise Oscar Piastri ?

Oscar Piastri s’effondre sous la pression : après un crash en Sprint et une pénalité en course, l’Australien semble paralysé par l’enjeu

En l’espace de quelques courses, Oscar Piastri a vu son confortable matelas de 34 points sur Lando Norris (et 104 sur Max Verstappen) fondre, puis s’inverser. Après le Grand Prix du Brésil, il est désormais à 24 points de son coéquipier.

Avec seulement trois courses et un Sprint restants, Norris peut se contenter de finir deuxième derrière Piastri à chaque fois, et il sera quand même champion.

Le week-end brésilien est un résumé parfait de la spirale négative dans laquelle l’Australien est tombé. Un crash en Sprint (0 point). Une course principale ternie par une pénalité de 10 secondes (P5). Mais c’est la nature de son erreur en course qui interpelle.

Cette pénalité n’est pas due à un excès de prudence. Elle est due à un excès d’agressivité. Au restart, Piastri a plongé à l’intérieur sur Kimi Antonelli, provoquant un incident qui a aussi coûté sa course à Charles Leclerc. C’était la faute d’un pilote qui tente de surcompenser. Un pilote qui sent que tout lui échappe et qui prend un risque démesuré pour arrêter l’hémorragie.

Est-ce cela, la “peur de gagner” ? Une panique qui pousse à l’erreur ? Son manager, Mark Webber, a dû s’exprimer après la course. Webber, qui a lui-même vécu la douleur d’une lutte pour le titre perdue à la fin (en 2010), rejette l’idée d’un manque de motivation.

« Il a eu une série difficile, mais c’est une question de caractère », a déclaré Webber à Channel 4. « Il doit trouver ce caractère pour se défendre. »

Mais c’est le contexte que donne Webber qui est le plus éclairant. Il nous rappelle une chose que la performance de Piastri nous avait fait oublier : il n’en est qu’à sa troisième saison en Formule 1. « Être en lutte pour un titre mondial si tôt dans sa carrière, c’est un parcours incroyable », analyse Webber. « Année 3, c’est quasiment sans précédent. Je crois que c’était Lewis [Hamilton en 2008], mais peu de gens l’ont fait si tôt. »

La pression n’est pas la même pour tout le monde. Lando Norris, bien que jeune, est le vétéran de l’équipe. Il a grandi avec McLaren, l’équipe a adapté la voiture à ses désirs (le fameux changement de suspension). Il est chez lui. Piastri, lui, est l’invité qui joue le titre.

Webber fait une comparaison directe avec sa propre expérience : « Quand je me suis battu pour mon championnat, j’étais un “vieux chien”. J’étais très vieux, à la fin de ma carrière. Lui est au début. Ce sont des nuances différentes. »

La solution, selon Webber, n’est donc pas technique. La vitesse est là (sans sa pénalité, Piastri jouait P2 au Brésil). La solution est psychologique. « [Il faut] un bras autour de lui, des encouragements… il travaille dur. »

L’Australien n’est pas “lent”. Il n’est pas “démotivé”. Il fait simplement face, pour la première fois de sa vie, au poids écrasant d’un titre mondial en F1. On dirait que ce poids vient de le faire trébucher lourdement.

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