L’énorme bagarre dans le peloton passée inaperçue au Brésil

Une lutte féroce pour la 7e place a animé le peloton au Grand Prix du Brésil, avec dix pilotes regroupés en moins de six secondes.

Photo Antonin Vincent / DPPI

Pendant 71 tours, les caméras du monde entier étaient logiquement braquées sur le trio de tête : la maîtrise de Lando Norris, le retour impossible de Max Verstappen, et la défense héroïque de Kimi Antonelli. Pourtant, loin de ce podium, la véritable bagarre du Grand Prix s’est jouée dans l’anonymat le plus total.

Une lutte furieuse pour la 7e place, impliquant près de dix pilotes, qui a culminé par un contact fratricide dans le dernier tour, manqué par la réalisation internationale.

Sur la ligne d’arrivée, les écarts sont hallucinants. Le Top 10 se présente comme suit :

  • 7e. Liam Lawson (Racing Bulls)
  • 8e. Isack Hadjar (Racing Bulls) : +0.231s
  • 9e. Nico Hulkenberg (Sauber) : +0.682s
  • 10e. Pierre Gasly (Alpine) : +1.272s

Quatre pilotes en 1.2 seconde après 305 kilomètres de course. En réalité, le groupe s’étendait jusqu’à Lance Stroll, 16e, à seulement 6 secondes du 7e. Un véritable “train DRS” s’est formé, et personne ne voulait lâcher.

Ce regroupement s’explique par une opposition de stratégies. Liam Lawson, le pilote Racing Bulls en 7e position, était le bouchon qu’il fallait faire sauter. Il avait tenté un pari fou : une seule stratégie à un arrêt, impliquant un dernier relais de 52 tours sur ses pneus Mediums.

Dans les derniers tours, il était une proie facile avec des pneus à l’agonie. Derrière lui, les chasseurs, menés par son propre coéquipier Isack Hadjar, Nico Hulkenberg et Pierre Gasly, étaient tous sur des stratégies à deux arrêts, avec des pneus bien plus frais.

Le moment le plus chaud, passé totalement inaperçu, est survenu dans le tout dernier tour. Isack Hadjar, plus rapide que Lawson, a plongé à l’extérieur sur son coéquipier au freinage du Virage 1 et les deux Racing Bulls se sont touchés.

Un contact qui aurait pu se terminer en double abandon et coûter une fortune à l’écurie. « Il a essayé de me dépasser avant le freinage, je pense qu’il a juste mal jugé », a expliqué Lawson. Hadjar a admis avoir “un peu exagéré” mais trouvé ça “très fun”.

Les deux ont miraculeusement gardé leur voiture en piste. Lawson a sauvé sa P7, Hadjar sa P8. L’équipe, qui avait ordonné à Hadjar de “tenir la position”, a dû avoir des sueurs froides, mais elle repart avec 10 points cruciaux qui consolident sa 6e place au championnat.

Juste derrière ce duel fratricide, Pierre Gasly (P10) a pesté. Il a passé des dizaines de tours coincé dans ce train, ferraillant avec Hadjar et Hulkenberg. Il a expliqué la complexité de la lutte : « J’ai passé ma course derrière Isack, je l’ai dépassé deux fois dans le premier virage, et à chaque fois il m’a repassé dans le virage n°4. »

Cette situation s’explique par la configuration du DRS à Interlagos (deux zones de détection distinctes). En dépassant au Virage 1, Gasly perdait le DRS, tandis que Hadjar le récupérait pour la ligne droite suivante.

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