Red Bull a-t-elle sacrifié une victoire de Max au Brésil ?

Un arrêt de trop ? Max Verstappen menait le Grand Prix du Brésil avant que Red Bull ne le rappelle pour éviter la dégradation des pneus

C’était l’une des images fortes du Grand Prix du Brésil. Tour 51, Lando Norris rentre au stand, et l’incroyable se produit : Max Verstappen, parti de la voie des stands, se retrouve en tête de la course.

Après le naufrage historique en qualifications et une crevaison en début d’épreuve, le Néerlandais menait le Grand Prix. C’était l’histoire d’une remontée impossible. Mais, quatre tours plus tard, Red Bull l’a appelé au stand.

L’équipe a volontairement abandonné la première place, chaussé des pneus tendres, et renvoyé son pilote en piste à la quatrième place. Une décision qui, de l’extérieur, ressemble à une forme de prudence, de conservatisme.

Mais en Formule 1, les yeux des stratèges ne regardent pas la piste ; ils regardent les données : Selon toute vraisemblance, Red Bull n’a pas sacrifié une victoire, elle a sauvé un podium.

Au moment où Verstappen a pris la tête, il était sur des pneus Mediums qui avaient déjà 16 tours. Lando Norris, qui venait de s’arrêter, était sur des Mediums neufs.

Pendant quatre tours, du tour 51 au tour 54, les ingénieurs de Red Bull ont observé l’inévitable. L’écart, d’abord de 7 secondes, commençait à fondre. Les chronos de Verstappen s’effondraient dans les 1m14, tandis que Norris attaquait déjà dans les 1m13.

« Non, nous ne pensons pas que c’était gagnable », a expliqué Laurent Mekies, le patron de Red Bull. L’équipe était face à un choix :

  1. Garder la tête : Rester en piste avec des pneus à l’agonie et se faire avaler par Norris, puis par Antonelli, et peut-être même par Russell. Risquer de tout perdre.
  2. Sécuriser le podium : S’arrêter, mettre les pneus tendres neufs (que Red Bull avait économisés grâce à son élimination en Q1), et garantir une P3 en dépassant Russell.

Le verdict des rivaux

Le plus grand compliment pour cette stratégie est venu… de McLaren. Andrea Stella, le patron de l’écurie rivale, a admis qu’il “espérait” que Verstappen s’arrête, car “cela rendait la vie de Lando plus facile”.

Mais il a aussitôt ajouté : « La dégradation était très élevée… Je pense qu’ils savaient chez Red Bull que c’était un pari énorme d’aller au bout… Mettre les tendres était la bonne chose à faire. »

La suite a donné raison à Red Bull. Verstappen est ressorti, a dépassé George Russell, et a terminé sur le podium (P3), échouant de peu à prendre la P2 à un Kimi Antonelli exceptionnel.

L’avis du pilote

Quant au principal intéressé, il n’a montré aucune frustration. Verstappen, qui avait aussi subi une crevaison en début de course, était aux anges.

« Être sur le podium en partant de la voie des stands… Je ne m’y attendais pas du tout », a-t-il admis, qualifiant le résultat d’“incroyable”.

Red Bull n’a donc pas sacrifié une victoire. Elle a transformé un week-end qui était un désastre absolu en un chef-d’œuvre de limitation des dégâts. Ils ont simplement refusé de se laisser aveugler par la gloire temporaire d’une première place intenable.

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