McLaren met en doute la légalité du moteur de Verstappen

Le moteur de Max Verstappen intrigue McLaren : Stella réclame des clarifications sur son impact financier dans le budget cap.

La remontée de Max Verstappen de la voie des stands à la troisième place au Grand Prix du Brésil fut un chef-d’œuvre de pilotage. C’est le genre de performance qui fait taire les critiques après le naufrage en qualification.

Mais chez McLaren, cette performance a soulevé plus de questions qu’elle n’a apporté de réponses. Après la course, Andrea Stella, le directeur de l’écurie McLaren, n’a pas commenté la vitesse de Verstappen. Il a visé plus haut, et plus précisément : il a publiquement mis en doute la légalité comptable de l’opération menée par Red Bull.

Pour rappel, après sa P16 catastrophique en qualification, Red Bull a fait un choix stratégique majeur en rompant le Parc Fermé. Elle a accepté de partir des stands pour s’offrir le droit de tout changer : les réglages de suspension, mais aussi l’intégralité de l’unité de puissance Honda (le moteur thermique, le turbo, le MGU-H, le MGU-K…). C’est ce dernier point qui a fait tiquer Andrea Stella.

Interrogé sur l’avantage d’un moteur neuf, Stella a d’abord joué l’ingénu, expliquant qu’il n’y voyait pas l’intérêt. « En termes de performances, je ne sais pas comment cela fonctionne pour Honda, mais en général, ces moteurs ne présentent pas beaucoup de détérioration avec le kilométrage », a-t-il expliqué, selon Motorsport.

En clair : les moteurs modernes sont si fiables que l’avantage de performance d’un moteur neuf par rapport à un moteur avec beaucoup de kilomètres est minime. Personne ne prendrait une pénalité juste pour ça. Mais Stella soupçonne que la performance n’était pas la seule raison.

C’est dans la deuxième partie de sa réponse que le patron de McLaren a lancé sa véritable torpille. Le sujet n’est pas la performance, c’est l’argent. « Je serais intéressé de savoir si le coût de ce moteur est désormais pris en compte dans le plafond budgétaire ou non », a-t-il demandé à voix haute.

La réglementation financière est complexe. Mais si une équipe choisit d’introduire un nouveau moteur hors allocation (donc, un moteur payant) pour des raisons de performance, plutôt que pour un problème de fiabilité avéré, ce coût devrait être imputé à son budget plafonné. Et un moteur F1, ça coûte cher. Très cher.

Andrea Stella a enfoncé le clou en expliquant pourquoi McLaren, elle, ne ferait jamais ça : « C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles nous ne le ferions pas, car cela se retrouverait pris en compte dans le plafond budgétaire. »

L’insinuation est d’une attaque en règle. Stella demande publiquement à la FIA de vérifier les comptes de Red Bull. Il pose une question simple : comment Red Bull peut-il se permettre de “jeter” un moteur et d’en installer un tout neuf, qui devrait coûter des millions sur leur budget cap, juste pour sauver une course ?

Soit Red Bull dispose d’une marge financière que McLaren n’a pas (ce qui est peu probable), soit (et c’est ce que soupçonne Stella) ils ont trouvé un moyen de justifier ce changement sans qu’il n’impacte leur plafond. La bataille du Brésil est terminée. Mais la guerre politique et comptable, elle, vient d’être déclarée.

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