Verstappen met une double gifle à McLaren au Qatar

Il faudra attendre le Grand Prix d’Abou Dhabi pour connaître le dénouement de la saison 2025 de F1 après la victoire de Max Verstappen au Qatar

Le Grand Prix du Qatar aurait pu permettre à Lando Norris de plier le championnat. Avec une première ligne 100% papaye et une voiture intrinsèquement supérieure, tout était en place pour tuer le suspense. Mais à Losail, ce n’est pas toujours la voiture la plus rapide qui gagne. C’est celle qui a le meilleur stratège.

Dans une course hachée par les contraintes pneumatiques et les incidents, Red Bull a donné une leçon de tactique à Woking. Max Verstappen, opportuniste au départ et brillant dans l’exécution, s’offre une septième victoire de la saison qui sonne comme un coup de massue pour ses rivaux.

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Le tournant de la course a lieu dès le 7e tour. Nico Hulkenberg (Sauber) s’accroche avec Pierre Gasly (Alpine) et termine dans le gravier, provoquant la sortie de la Voiture de Sécurité. C’est là que Red Bull abat sa carte maîtresse. Alors que les deux McLaren, en tête, décident de rester en piste pour conserver leur position, Verstappen, 3e, plonge dans les stands. Une décision audacieuse, presque à contre-courant, mais diablement efficace.

En s’arrêtant sous neutralisation, le Néerlandais “efface” son premier arrêt obligatoire (imposé par la règle des 25 tours maximum par train de pneus) à moindre coût. McLaren, en jouant la sécurité, s’est enfermé dans une stratégie plus conventionnelle qui allait s’avérer fatale.

Oscar Piastri a pourtant tout bien fait. Auteur d’un excellent départ, l’Australien a mené la première partie de course avec autorité. Mais la stratégie décalée de Verstappen l’a condamné.

Contraint de s’arrêter plus tard et de remonter, Piastri s’est retrouvé à chasser une ombre. Malgré un rythme supérieur dans le dernier relais, l’écart de 17 secondes à combler en 14 tours était impossible face à un Verstappen en gestion. Il termine deuxième, frustré, conscient d’avoir eu la voiture pour gagner mais pas la stratégie.

Pour Lando Norris, la soirée est encore plus amère. Débordé par Verstappen dès le premier virage, le leader du championnat a passé sa course à courir après le temps perdu.

Une sortie de piste dans le dernier tiers de la course a endommagé son fond plat, ruinant ses espoirs de podium. Il termine 4e, sauvé in extremis par une erreur de Kimi Antonelli au 56e tour qui lui offre deux points précieux. Mais l’opération comptable reste mauvaise : son avance au championnat fond comme neige au soleil avant la finale d’Abou Dhabi.

La performance du jour est signée Carlos Sainz. Le pilote Williams, discret mais redoutable, s’offre un podium magnifique grâce à une gestion de course parfaite et un dépassement clé sur Antonelli dans les stands.

Pour Ferrari, en revanche, c’est la douche froide. Charles Leclerc, englué dans le peloton et victime de sorties de piste, termine à une anonyme 8e place. Lewis Hamilton, parti des stands, n’a jamais pesé sur la course.

Classement Final – Grand Prix du Qatar

1Max VerstappenLeader
2Oscar Piastri+7.995
3Carlos Sainz+22.665
4Lando Norris+23.315
5Kimi Antonelli+28.317
6George Russell+48.599
7Fernando Alonso+54.045
8Charles Leclerc+56.785
9Liam Lawson+60.073
10Yuki Tsunoda+61.770
11Alexander Albon+66.931
12Lewis Hamilton+77.730
13Gabriel Bortoleto+84.812
14Franco Colapinto1L
15Esteban Ocon1L
16Pierre Gasly1L
17Lance Stroll– –
18Isack Hadjar– –
19Oliver Bearman– –
20Nico Hulkenberg– –

Le championnat se jouera donc à Abou Dhabi. Et avec un Verstappen survolté et une écurie Red Bull retrouvée stratégiquement, McLaren a toutes les raisons de trembler.

Author: Elisabeth Maingé, Consultante
Ingénieure de formation et passionnée de Formule 1 depuis son enfance, Élisabeth Maingé évolue au sein d’un grand constructeur automobile, où elle travaille dans le domaine de la recherche et du développement. Elle met son expertise technique au service de F1ACTU en analysant les performances des monoplaces, les choix aérodynamiques et les enjeux liés aux évolutions réglementaires. Son regard d’ingénieure apporte un éclairage précis sur les forces en présence dans le paddock, en reliant les données techniques aux performances en piste.

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