Rarement tendre avec les jeunes, Villeneuve estime qu’Hadjar possède ce quelque chose indispensable pour durer chez Red Bull.

Jacques Villeneuve, champion du monde 1977, voit dans le jeune Français l’héritier parfait de la philosophie maison à Milton Keynes. Selon lui, Isack Hadjar n’est pas seulement un pilote rapide, c’est un pilote « Red Bull pur jus », capable de survivre là où d’autres ont été broyés.
Pour Villeneuve, le succès d’un pilote aux côtés de Max Verstappen ne dépend pas uniquement de sa pointe de vitesse, mais de sa force de caractère. Interrogé récemment sur le podcast High Performance, le Canadien a souligné le côté « rock’n’roll » du pilotage de Hadjar. « Ses courses sont parfois incroyables. Il y a ce côté agressif, ces moments de “wow” qu’on ne voit pas chez tout le monde », explique-t-il.
Le Canadien estime que Red Bull a cessé de chercher des pilotes « lisses » pour son deuxième baquet. Après les échecs relatifs de profils plus académiques, l’écurie autrichienne revient à ses racines : l’extravagance et l’instinct pur. « Dans une équipe plus conventionnelle comme Ferrari ou Mercedes, son attitude pourrait poser problème. Mais chez Red Bull, ça fonctionne. Ils aiment les pilotes qui osent, qui font des vagues », analyse Villeneuve avec l’expertise de celui qui a connu les guerres psychologiques de la fin des années 90.
Ce qui a convaincu Villeneuve, c’est aussi la capacité de Hadjar à rebondir durant sa première saison chez Racing Bulls en 2025. S’il a parfois été éclipsé par la régularité de Liam Lawson, le Français a su sortir des performances de premier ordre (notamment son podium à Zandvoort) au moment précis où la pression était maximale. Cette irrégularité apparente est, pour Villeneuve, le signe d’un pilote qui apprend encore à canaliser son immense potentiel.
Le champion québécois rappelle d’ailleurs une vérité technique souvent oubliée : la Red Bull n’est pas “conçue” pour Verstappen, mais elle évolue avec lui. Le défi pour Hadjar sera de comprendre cette direction de développement. « Max travaille sans cesse sur la voiture, il l’améliore. Si vous ne comprenez pas pourquoi il va plus vite, vous finissez par reculer. Isack semble avoir cette curiosité technique et cette hargne nécessaire pour ne pas se laisser distancer », souligne Villeneuve.
L’autre facteur clé du succès annoncé de Hadjar réside dans le calendrier. En arrivant précisément pour le grand reset réglementaire de 2026, le Français ne montera pas dans une monoplace dont les secrets sont déjà détenus par Verstappen depuis quatre ans. Tout le monde repartira de zéro, des pneus au moteur Red Bull-Ford.
Isack Hadjar lui-même l’a confié à Abu Dhabi : « C’est le meilleur timing possible. Personne ne connaît la voiture de 2026. » Cette égalité dès le départ est une aubaine. Elle évitera au Français le syndrome du “second pilote” condamné à copier les réglages de son leader. Pour Villeneuve, cette opportunité de grandir en même temps que la nouvelle réglementation est la clé qui permettra à Hadjar de s’établir durablement dans l’un des sièges les plus difficiles de la grille.
Si Villeneuve, d’ordinaire si avare en compliments pour la nouvelle génération, parie sur Hadjar, c’est que le Français possède ce “supplément d’âme” qui manque souvent aux académies de pilotage trop formatées.
ISACK HADJAR IN A RED BULL 👀 pic.twitter.com/79l6QHmcPd
— sim (@simsgazette) December 9, 2025