Bearman s’exprime sur un futur volant chez Ferrari

Calme mais ambitieux, Oliver Bearman estime que sa saison 2025 valide sa préparation pour un volant Ferrari à l’horizon 2027.

L’année 2025 s’achève sur un paradoxe frappant pour la Scuderia Ferrari. Alors que l’écurie de Maranello panse les plaies d’une saison blanche pour Lewis Hamilton, son protégé Oliver Bearman vient de boucler une campagne de rookie exemplaire chez Haas. Au point que la question ne semble plus être de savoir si le jeune Britannique pilotera un jour pour le Cheval Cabré, mais plutôt à quelle date précise il remplacera le septuple champion du monde.

Interrogé récemment sur son avenir, “Ollie” Bearman n’a pas utilisé la langue de bois habituelle des pilotes de milieu de grille. Avec une assurance tranquille, il a confirmé se sentir prêt pour le grand saut vers Maranello en 2027.

Pour sa première saison complète dans l’élite, Bearman n’avait pas la tâche facile. Aligné aux côtés d’un client sérieux comme Esteban Ocon, le jeune Anglais a su faire taire les sceptiques. Il termine le championnat à la 13e place, devançant son coéquipier de trois points. En Formule 1, battre un vainqueur de Grand Prix pour ses débuts est un marqueur fort qui ne passe jamais inaperçu auprès des directeurs d’écurie.

Sa saison 2025 peut se résumer en deux phases distinctes :

  • Le printemps de la régularité : Une série de 11e places frustrantes mais révélatrices. Bearman extrayait alors le maximum d’une Haas VF-25 qui plafonnait juste à la porte des points.
  • Le déclic de Mexico : Sa 4e place sur le tracé de l’Hermanos Rodriguez restera le point d’orgue de son année. En battant à la régulière la McLaren d’Oscar Piastri et les deux Mercedes, il a prouvé qu’il possédait cette capacité à hausser son niveau de jeu lorsque la voiture le permettait.

Le timing des déclarations de Bearman est tout sauf innocent. Lewis Hamilton sort d’une saison 2025 sans podium, une première en 19 ans de carrière, et son contrat avec Ferrari court jusqu’à la fin de l’année 2027. La pression monte à Maranello : si le “King” ne parvient pas à dompter la nouvelle réglementation de 2026, la Scuderia pourrait être tentée d’anticiper la suite.

Bearman, lucide, analyse sa propre progression : « On oublie vite qu’au milieu de la saison, j’enchaînais les 11e places. Ce n’était pas assez bien, mais c’était constant. Depuis la pause estivale, nous avons gagné en performance et ces 11e places se sont transformées en 8e ou 9e places. C’est ce rythme et cette dynamique qui me font dire aujourd’hui que je suis prêt. »

Devenir pilote Ferrari ne réclame pas seulement un coup de volant, mais une expertise technique colossale, surtout avec l’arrivée des moteurs hybrides 50/50 en 2026. Bearman a passé l’année 2025 à affiner sa gestion des pneumatiques et sa compréhension des flux d’énergie, deux domaines où il a considérablement progressé sous la houlette des ingénieurs de Haas (étroitement liés à Ferrari).

Passer de l’ombre de Haas à la lumière de Ferrari est un saut vertigineux. Cependant, le précédent de Charles Leclerc, passé de Sauber à Ferrari après une seule saison, reste le modèle absolu à Maranello. Oliver Bearman semble avoir compris que pour succéder à Hamilton, il ne suffit pas d’être rapide : il faut démontrer une solidité mentale à toute épreuve. En déclarant « vous devez croire en vous, je suis en F1 pour ça », il envoie un message clair à Frédéric Vasseur : le remplaçant est déjà dans la maison.

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