La SF-26 en retard ? Ferrari sous une pression qui monte

À deux semaines de la présentation, la SF-26 n’a toujours pas rugi. Un léger retard évoqué qui tend les nerfs chez Ferrari.

Ferrari est la seule grande équipe à n’avoir encore rien laissé filtrer de concret sur son projet 2026. Pas de son moteur, pas d’images de la SF-26, pas même le traditionnel moulage du siège des pilotes. Officiellement, ce silence est assumé. En interne, il commence pourtant à peser lourd à Maranello.

À moins de deux semaines de la présentation officielle prévue le 23 janvier, un élément clé manque toujours à l’appel : le premier allumage de l’unité de puissance. Selon la presse italienne, notamment AutoRacer, ce fire-up était programmé mais aurait pris du retard, conséquence de modifications de dernière minute avant l’assemblage final. Rien de dramatique sur le papier, mais dans un cycle réglementaire aussi serré, chaque jour compte.

Le contraste avec la concurrence est frappant. Audi a démarré son moteur dès le 19 décembre et a déjà effectué un shakedown à Barcelone. Honda a partagé le son de son V6 hybride mi-décembre, tout comme Mercedes. Même Red Bull-Ford, pourtant engagé dans un projet moteur inédit, a laissé filtrer des signaux rassurants. Ferrari, elle, reste muette.

Ce silence commence à interroger car il ne s’inscrit pas dans les habitudes de la Scuderia. Historiquement, Maranello utilise ses présentations hivernales comme un marqueur de confiance technique, souvent accompagné de premiers tours de roue à Fiorano. Or, à ce stade, rien n’indique que la SF-26 sera prête à rouler immédiatement après sa révélation.

D’après les informations disponibles, le châssis serait pourtant homologué et les pilotes auraient déjà validé leurs sièges. Sur le papier, le projet avance. Mais l’absence de validation moteur publique alimente l’idée d’un calendrier qui glisse légèrement, dans un contexte où la moindre incertitude prend une dimension disproportionnée.

Cette tension serait d’autant plus palpable que Ferrari aborde 2026 dans une situation politique fragile. La saison 2025 s’est conclue sans victoire et par une quatrième place au championnat constructeurs. Frédéric Vasseur, récemment prolongé, sait qu’un faux départ dans ce nouveau cycle pourrait rapidement relancer les doutes autour de sa gestion sportive, surtout avec Charles Leclerc et Lewis Hamilton sous contrat mais attentifs à la compétitivité réelle du projet.

Le contexte humain n’aide pas non plus. Ferrari a perdu ces derniers mois plusieurs figures techniques majeures, notamment du côté moteur, avec des départs vers Audi. Même si l’organigramme a été réajusté, ces transitions peuvent peser sur la phase critique d’industrialisation d’un nouveau groupe propulseur.

À ce stade, parler de crise serait excessif. Ferrari n’a jamais confirmé de retard majeur et le fire-up serait imminent. Mais la comparaison avec ses rivaux place la Scuderia dans une position inconfortable : celle de devoir rassurer sans montrer.

Avec les premiers essais hivernaux programmés à Barcelone dès le 26 janvier, Ferrari joue désormais contre le chronomètre. Si la SF-26 arrive bien à temps, ce silence hivernal sera vite oublié. Dans le cas contraire, il pourrait devenir le premier signal faible d’un démarrage plus compliqué que prévu dans l’ère 2026.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *