Malgré l’importance de Max Verstappen, Ford refuse de conditionner son avenir en F1 à un pilote et mise avant tout sur le projet Red Bull-Ford.

À l’approche de la révolution technique de 2026, Red Bull et Ford avancent sur un terrain miné. Nouveau moteur, nouvelle organisation, nouvelle hiérarchie à construire. Dans ce contexte, une question obsède le paddock : le projet Red Bull-Ford est-il indissociable de Max Verstappen ? Mark Rushbrook, directeur de Ford Racing, a tenu à clarifier la position de la marque de Detroit : Ford mise sur un projet industriel, pas sur un seul homme.
Rushbrook ne tarit pas d’éloges sur le Néerlandais, qu’il qualifie de « talent générationnel ». Pour Ford, disposer d’un tel champion pour étrenner l’unité de puissance Red Bull-Ford est un atout marketing et technique indéniable. Pourtant, il se montre pragmatique sur la pérennité de cet engagement. « Max est une pièce importante, mais ce n’est pas au point où nous dirions : “Oh, s’il part de l’équipe, nous partons aussi” », a-t-il affirmé, selon Autosport.
Cette déclaration souligne la stratégie de Ford : reconstruire une crédibilité technique en F1 après des décennies d’absence. L’objectif est de s’imposer comme un motoriste de premier plan, quelle que soit l’identité du pilote dans le baquet. La confiance de l’industriel repose sur les ingénieurs et les processus mis en place à Milton Keynes, estimant que la structure survivra aux mouvements naturels du marché des transferts.
Le passage à la saison 2026 représente sans doute le plus grand saut technologique de l’histoire moderne du sport. Pour Red Bull, c’est la fin de l’ère Honda, une alliance couronnée de succès qui s’est achevée en 2025 sur une note amère, Verstappen manquant son cinquième titre mondial pour seulement deux points. Désormais, l’écurie doit prouver qu’elle peut concevoir un groupe motopropulseur compétitif en interne.
Verstappen, dont le contrat court jusqu’en 2028, dispose de clauses de sortie liées à la performance. Si le bloc Red Bull-Ford ne permet pas de jouer la gagne dès 2026, les rumeurs d’un départ vers Mercedes pourraient s’intensifier. Rushbrook en est conscient : « Nous voulons gagner quoi qu’il arrive. Nous savons que c’est un défi colossal avec l’unité de puissance entièrement nouvelle, mais c’est notre intention. » La pression est donc sur les épaules des ingénieurs pour convaincre le Néerlandais de rester, mais Ford assure que sa feuille de route reste inchangée, même en cas de séparation.
Loin de se désintéresser du futur moteur, Max Verstappen s’est déjà impliqué dans le développement. Il s’est rendu plusieurs fois dans les ateliers de Milton Keynes pour observer les progrès et a même pu entendre le premier démarrage du bloc. Rushbrook rapporte que le pilote a particulièrement apprécié la sonorité “nerveuse” de l’engin.
Cette implication est saluée par l’ex état-major de Red Bull. Helmut Marko a comparé la régularité de son champion à une « montre suisse », capable de boucler 30 tours dans le même dixième de seconde. Ce niveau d’exigence est le moteur du projet 2026. Pour accompagner Verstappen dans cette nouvelle ère, l’écurie a choisi de promouvoir le jeune Français Isack Hadjar, qui grimpe depuis l’écurie sœur Racing Bulls après une première saison impressionnante.