Citroën frappe fort dès le début de la saison de Formula E

Citroën signe sa première victoire en Formula E dès Mexico. Nick Cassidy remonte de la 13e place et prend la tête du championnat.

L’entrée de Citroën en Formula E ne pouvait pas être plus spectaculaire. Pour sa deuxième apparition seulement dans le championnat du monde électrique, la marque française a décroché sa première victoire lors de l’E-Prix de Mexico, ce samedi 10 janvier. Nick Cassidy, auteur d’une remontée d’anthologie depuis la 13e place sur la grille, a déjoué tous les pronostics pour s’emparer de la tête du classement général.

Le circuit des Frères Rodríguez, situé à plus de 2 200 mètres d’altitude, impose des contraintes uniques en matière de refroidissement et d’aérodynamique. Dans ce contexte, Nick Cassidy a livré une leçon de stratégie. Parti loin dans le peloton après une qualification décevante, le Néo-Zélandais a su rester patient derrière Edoardo Mortara, qui a mené une grande partie de la course.

En Formula E, mener le peloton est un cadeau empoisonné : le leader consomme environ 10 % d’énergie supplémentaire par tour par rapport à ses poursuivants, car il doit percer l’air sans bénéficier de l’aspiration. Cassidy a parfaitement exploité ce phénomène, restant à l’abri dans le sillage du Suisse avant de porter l’estocade dans les derniers instants.

« Mon équipe m’a donné une voiture fantastique. J’ai fait un pacte : si je gagnais, je me rasais le crâne. En passant la ligne, je me demandais presque s’il ne fallait pas lever le pied ! » a plaisanté Cassidy après l’arrivée.

La physionomie du Grand Prix a basculé au 18e tour lorsque l’ancien pilote de F1, Nyck de Vries, a tiré tout droit au premier virage, provoquant une longue période de drapeau jaune. Cette neutralisation a eu deux conséquences majeures :

  1. L’extension de la course : Deux tours supplémentaires ont été ajoutés par la direction de course pour compenser le temps perdu sous drapeau jaune.
  2. L’économie forcée : La vitesse réduite a permis aux pilotes de sauvegarder une quantité importante d’énergie, transformant la fin de course en un sprint pur à pleine puissance jusqu’au drapeau à damier.

C’est durant cette phase de relance que Cassidy a montré la supériorité de son groupe motopropulseur Citroën, s’extirpant du trafic pour surclasser Mortara et résister au retour d’Oliver Rowland.

Malgré le triomphe français, les pilotes britanniques restent des prétendants sérieux. Oliver Rowland, champion en titre, a confirmé sa régularité en signant un deuxième podium consécutif. Parti 8e, il termine 3e et talonne Cassidy au classement. Le champion 2023, Jake Dennis, vainqueur de la manche d’ouverture à São Paulo, termine 5e après une course solide.

La contre-performance du jour revient à Sebastian Buemi. Détenteur de la pole position (sa 17e en carrière, un record), le Suisse a commis une erreur au freinage dès le premier tour sous la pression du jeune Taylor Barnard. Buemi a fini par échouer à la 17e place, une opportunité gâchée pour le vétéran du championnat.

La course de Mexico a également été marquée par les séquelles de São Paulo. Plusieurs pilotes clés, dont Jean-Éric Vergne sur l’autre Citroën, ont dû composer avec des pénalités de grille pour des infractions sous régime de “Full Course Yellow” lors du premier rendez-vous. Pour Vergne, ce recul de trois places sur la grille a rendu toute remontée complexe sur un circuit où les opportunités de dépassement nettes sont rares sans un avantage énergétique massif.

Citroën s’installe donc comme l’épouvantail de ce début de saison 12. Statistiquement, le vainqueur de Mexico a remporté le titre mondial lors des trois dernières saisons. Un présage de bon augure pour Cassidy et le constructeur français qui, en quelques semaines, ont prouvé que leur intégration technologique était déjà arrivée à maturité.

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