Ford ne fait pas de la figuration chez Red Bull. Investissements massifs et choix techniques radicaux dessinent un moteur sans filet de sécurité.

Le passage de Red Bull du statut de client de luxe à celui de motoriste de plein exercice est sans doute le pari le plus risqué de l’ère moderne en Formule 1. Dans les couloirs de Milton Keynes, l’effervescence est palpable alors que le département Red Bull Powertrains (RBPT), soutenu par le géant américain Ford, s’apprête à faire rugir son tout premier bloc pour 2026. Si le doute est permis face à l’expérience séculaire de Ferrari ou de Mercedes, les bruits de couloir qui filtrent du clan Verstappen incitent à un certain optimisme.
Raymond Vermeulen, le manager de Max Verstappen, a récemment lâché quelques indices précieux. S’il refuse de crier victoire avant d’avoir une référence chronométrique en piste, il confirme que tous les voyants sont au vert à l’usine.
Red Bull n’a pas fait les choses à moitié pour compenser son manque d’expérience technique. Le projet ne se résume pas à un logo Ford sur la carrosserie. Des sommes astronomiques ont été injectées dans de nouveaux bancs d’essais, une usine moteur ultra-moderne et une soufflerie de dernière génération.
L’indiscrétion majeure concerne la capacité de réaction de cette nouvelle structure. Selon Vermeulen, la véritable force de Red Bull Ford en 2026 ne résidera pas seulement dans la puissance brute au coup d’envoi en Australie, mais dans la vitesse de développement. L’usine a été pensée pour raccourcir les cycles de production entre le bureau d’études et la piste. Dans un règlement aussi frais que celui de 2026, l’équipe capable de corriger ses erreurs en trois semaines plutôt qu’en deux mois remportera la mise.
Parmi les rumeurs qui agitent les paddocks, celle d’une avancée technique sur la combustion interne revient avec insistance. Red Bull, au même titre que Mercedes, est soupçonnée d’avoir trouvé une solution élégante pour optimiser le taux de compression de son moteur.
- Le concept : Utiliser la dilatation thermique des matériaux pour gagner en efficacité une fois le moteur en température.
- Le gain estimé : On parle de 15 chevaux supplémentaires, un avantage colossal pour un moteur qui doit fonctionner avec 50 % d’énergie électrique.
- La fiabilité : C’est le grand point d’interrogation. Si les performances sur un tour sont prometteuses, tenir 24 Grands Prix avec une technologie aussi poussée est le défi qui empêche les ingénieurs de dormir.
Cette approche montre que Red Bull n’a pas choisi la sécurité pour son premier moteur, mais bien l’audace technique, quitte à flirter avec les limites du règlement.
Contrairement à ses années Honda ou Renault, Max Verstappen est aujourd’hui au cœur des discussions techniques sur l’unité de puissance. Le Néerlandais, frustré par sa défaite face à Lando Norris en 2025, voit dans ce moteur 2026 l’outil de sa revanche.
Les retours qu’il reçoit des simulations sont “bons”, mais le clan Verstappen reste lucide : en Formule 1, tout est relatif. Un bon moteur ne vaut rien si celui du voisin est exceptionnel. La confiance de Vermeulen repose surtout sur la détermination de l’équipe : « Max est toujours jeune, affamé et rapide. Red Bull Motor Company est totalement derrière lui. »
After 20+ years away from F1… #FordReturns
— Ford News Europe (@FordNewsEurope) February 3, 2023
We’re delighted to announce our partnership with @redbullracing to help develop their power unit for the 2026 @F1 season. pic.twitter.com/EbYE3Q6tsc