À Imola, Perez a aidé Cadillac à s’entraîner via un test Ferrari : voiture noire, 184 tours, et un programme axé sur la préparation 2026.

Un fantôme noir. C’est la première chose que les observateurs ont vue à Imola cette semaine. Pas de rouge Ferrari, pas de sponsors, pas de communication officielle. Juste le son d’un V6 hybride et une monoplace couleur carbone qui enchaînait les tours.
Le test de Sergio Perez, son premier roulage en F1 depuis près d’un an, était censé être un secret. Mais en F1, les secrets ne durent jamais bien longtemps. L’opération, montée par Cadillac en vue de 2026, était bien plus importante qu’un simple essai pilote.
L’image de Perez dans une Ferrari elle est le fruit d’un montage logistique et réglementaire astucieux. Cadillac, en tant que nouvelle équipe, n’a pas de “vieille voiture” pour des tests privés. Elle ne pouvait donc pas, légalement, faire rouler Perez. La solution qui a été trouvée, c’est un accord avec Ferrari, son futur motoriste.
Officiellement, il s’agissait d’une journée de test TPC Ferrari, utilisant leur SF-23 de 2023. Cadillac était simplement “invitée à observer”. Dans les faits, c’était un test Cadillac opéré par Ferrari. Selon les observateurs italiens, les stands 16 et 17 d’Imola ont été partagés.
D’un côté, une trentaine d’employés de la Scuderia Ferrari, dirigés par l’ingénieur Xavi Marcos (l’ancien ingénieur de course de Charles Leclerc). De l’autre, une vingtaine d’employés clés de Cadillac, dont les patrons Graeme Lowdon et Peter Crolla. L’objectif n’était pas pour Ferrari de tester une voiture, mais pour Cadillac de tester ses hommes : comment les deux équipes communiquent-elles ? Comment les mécaniciens de Cadillac s’intègrent-ils aux procédures F1 ?
Évidemment, aucun temps officiel n’a été publié. L’opération se voulait discrète. Sur les réseaux sociaux, des chronos peu impressionnants ont circulé, autour de 1:17.27 ou 1:18.82. Mais selon des sources de PlanetF1.com, ces temps ne reflètent pas la réalité. Le meilleur tour de Perez se situerait en fait dans la fenêtre des 1:16. Un temps non significatif en soi, mais bien plus rapide que ce qui a fuité, et qui prouve que le rythme était là.
Pourtant, la performance n’était pas l’objectif. Perez a bouclé ses 184 tours (93 le premier jour, 91 le second) en utilisant exclusivement des pneus Durs. Aucun pneu Tendre, aucun pneu Medium. En F1, cela ne signifie qu’une chose : l’équipe ne cherchait ni la performance sur un tour, ni la simulation de course. Elle cherchait la régularité, le kilométrage maximal pour roder les mécaniciens (notamment lors des entraînements d’arrêts au stand) et réhabituer le cou de Perez à l’effort.
La phrase qui résume le mieux le test vient du patron de Cadillac, Graeme Lowdon. Cité par la presse italienne, il a confirmé que la performance n’était pas le sujet : « Il n’essayait même pas d’attaquer. Le test sert juste à former les mécaniciens et à apprendre les procédures. » Perez lui-même, qui blaguait avant le test sur la survie de son cou, serait reparti “heureux, à l’aise et positivement surpris”.
Pourquoi Valtteri Bottas n’était-il pas là ? La raison est un classique : le Finlandais est toujours sous contrat avec Mercedes en tant que pilote de réserve, et ce, jusqu’au 31 décembre. Il n’avait donc pas l’autorisation de rouler pour une équipe motorisée par Ferrari.
Sergio Pérez au volant de la Ferrari prêtée à Cadillac, cette semaine à Imola 👀
— Motorsport.com France (@Motorsport_FR) November 15, 2025
(via riccardolalomia/IG)pic.twitter.com/rQ6HIC6nGG
Vamos👊 pic.twitter.com/hH6mMoBbYY
— Sergio Pérez (@SChecoPerez) November 14, 2025