Un recours inédit vise la FIA : le tribunal de Paris doit juger si le système électoral protège illégalement Mohammed Ben Sulayem.

L’élection à la présidence de la FIA, d’ordinaire un jeu de pouvoir confiné aux couloirs feutrés de la Place de la Concorde, vient de basculer dans une arène bien différente : le tribunal judiciaire de Paris.
La justice française a été saisie par une candidate, Laura Villars, qui estime que le processus électoral actuel est, de fait, verrouillé. L’affaire est explosive, car elle ne vise pas un candidat, mais le système lui-même.
Une date clé vient d’être fixée. Selon les informations de PlanetF1.com, la cour devrait rendre sa décision le 3 décembre prochain.
Pour comprendre pourquoi la justice civile a été impliquée, il faut plonger dans les statuts complexes de la FIA. Le problème est qu’il est, en l’état actuel, impossible pour quiconque de se présenter contre le président sortant, Mohammed Ben Sulayem.
Pour être candidat à la présidence, il faut présenter une “liste” complète, incluant sept vice-présidents. Un de ces vice-présidents doit obligatoirement représenter la région “Amérique du Sud”. Ce vice-président doit être choisi parmi le pool des membres nominés pour le Conseil Mondial du Sport Automobile (WMSC).
C’est ici que le système s’effondre. Cette année, une seule et unique personne issue d’Amérique du Sud a été nominée pour le WMSC : Fabiana Ecclestone. Mais Madame Ecclestone a déjà donné son soutien et son nom à la liste… de Mohammed Ben Sulayem.
La situation est sans issue. Laura Villars, tout comme les autres candidats déclarés (Tim Mayer ou Virginie Philippot), se retrouve dans l’incapacité de soumettre un dossier de candidature valide. Il n’y a, littéralement, personne de disponible pour remplir la case “VP Amérique du Sud” sur leur liste. L’élection est donc verrouillée avant même d’avoir commencé.
Le tribunal de Paris ne va pas décider qui doit être le président de la FIA. Il va statuer sur la légalité de ce processus. Si la justice estime que ce système porte atteinte à un processus démocratique équitable (la FIA étant une association de loi 1901 basée en France), elle pourrait forcer la fédération à revoir ses règles ou à suspendre son élection.
La FIA est désormais prise dans une course contre-la-montre. La décision de la justice française tombera le 3 décembre, soit neuf jours seulement avant l’Assemblée Générale de la FIA (prévue le 12 décembre à Tachkent, Ouzbékistan) où le vote final doit avoir lieu.