Laura Villers entre en campagne contre Ben Sulayem. À 28 ans, la pilote suisse veut réinventer la FIA et briser un plafond de verre jamais fissuré.

Alors que la campagne pour la présidence de la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA) semblait se diriger vers duel entre l’actuel président, Mohammed Ben Sulayem, et son challenger américain Tim Mayer, une troisième candidate a fait une entrée surprise. Son nom : Laura Villars. Jeune, pilote en activité et inconnue des hautes sphères politiques de la fédération, elle vient bousculer un jeu électoral qui paraissait déjà établi.
Sa candidature, si elle est formellement déposée, serait historique : jamais une femme n’a brigué le poste le plus important du sport automobile mondial. Mais qui est vraiment celle qui ose défier l’establishment ?
À 28 ans, Laura Villars n’est pas une politicienne de carrière. C’est une pilote automobile suisse, actuellement engagée en Ligier European Series. Son CV de compétitrice, qui compte une cinquantaine de départs dans des catégories comme la F4 UAE ou le Ferrari Challenge, n’est pas celui d’une star mondiale, mais celui d’une passionnée qui connaît le système de l’intérieur, au niveau de ses pratiquants.
C’est précisément ce positionnement “hors-système” qui constitue à la fois sa force et sa faiblesse. Contrairement à ses concurrents, figures bien installées de la gouvernance du sport, elle se présente comme la voix des licenciés et des clubs, loin des jeux de pouvoir de la Place de la Concorde. Elle incarne une rupture générationnelle et une approche radicalement différente de la fonction présidentielle.
Un Programme Axé sur la Transparence et la Modernisation
Le projet de Laura Villars, bien que non détaillé dans un manifeste complet, s’articule autour de quelques axes forts qui résonnent comme une critique directe de la gouvernance actuelle. Sa vision pour la FIA est claire : « La FIA doit redevenir la fédération des clubs et des licenciés », a-t-elle affirmé.
Son programme se décline en plusieurs points clés :
- Gouvernance : Elle prône une démocratisation des processus, avec des consultations régulières des clubs membres et une transparence accrue sur les finances et les prises de décision.
- Inclusion et Avenir : Un renforcement significatif du programme féminin “Women in Motorsport” est au cœur de son projet, accompagné de la création d’une “FIA Young Leaders Academy” pour former la nouvelle génération de dirigeants.
- Développement Durable : Elle propose la mise en place d’un label “FIA Eco-Performance” pour valoriser les initiatives en matière de durabilité, un enjeu majeur pour l’avenir du sport et de la mobilité.
Si son programme est ambitieux, sa candidature fait face à des obstacles logistiques et politiques colossaux. Déclarée à la mi-septembre, elle accuse un retard de plusieurs mois sur ses concurrents dans une campagne où chaque soutien compte.
Le défi le plus immédiat est de constituer sa “Liste Présidentielle” – l’équivalent de son cabinet – et, surtout, de recueillir les parrainages nécessaires avant l’échéance du 24 octobre. Pour être validée, sa candidature doit être soutenue par un minimum de 18 membres de la FIA, répartis en trois catégories : six clubs automobiles, six entités de mobilité et six autorités sportives nationales.
Obtenir ces soutiens en si peu de temps, sans un réseau politique établi de longue date, relève de l’exploit. C’est une course contre-la-montre qui testera sa capacité à convaincre et à fédérer au-delà de son image de simple outsider.