Les premiers tests du moteur Audi 2026 inquiètent : le V6 accuserait déjà un retard de 20 à 30 chevaux sur la référence Mercedes.

Il n’y a pas de fumée sans feu, surtout en Formule 1. La rumeur qui circule actuellement autour du projet Audi 2026 a de quoi inquiéter à Ingolstadt. Contrairement aux communiqués de presse optimistes, les bruits de couloir qui émanent des bancs d’essais dépeignent un tableau pour le moins affolant.
L’information provient de l’édition italienne de Motorsport.com. Selon leurs sources, le premier V6 Audi qui tourne actuellement sur les bancs d’essais serait déjà largement en deçà des performances de la concurrence. Le chiffre qui circule fait état d’un déficit potentiel de 21 à 31 chevaux sur ce qui est considéré comme la future référence, le moteur Mercedes.
Motorsport semble minimiser ce déficit mais nous avons une lecture différente. Pour mettre ce chiffre en perspective, c’est un écart similaire à celui que l’on estime aujourd’hui entre le moteur Renault (le plus faible du plateau) et les meilleurs. Audi risquerait donc d’entrer dans la nouvelle ère réglementaire en 2026 en étant, d’emblée, le nouveau cancre de la classe.
Cette information fait d’autant plus trembler qu’elle rappelle le précédent de 2014. À l’époque, Mercedes avait si bien négocié la révolution hybride que la concurrence avait mis des années à s’en remettre. Les échos actuels suggèrent que Mercedes, encore eux, auraient déjà atteint des chiffres impressionnants (environ 571 ch), tandis que Ferrari et Honda ne seraient “pas loin”. Audi (estimé entre 540 et 550 ch) semble décroché.
Comment ces chiffres, censés être ultra-secrets, se retrouvent-ils dans la nature ? C’est le jeu classique du paddock. Avec les nombreux transferts d’ingénieurs entre les différentes manufactures, les informations circulent inévitablement.
Évidemment, du côté de chez Sauber, le discours officiel se veut rassurant. Jonathan Wheatley, le nouveau directeur de l’équipe, a récemment affirmé que le programme au banc d’essai était « dans les temps » et que l’équipe se concentrait avant tout sur la « fiabilité ». Il a ajouté qu’il était « un peu trop tôt pour parler de performance ». Réponse classique, mais en Formule 1, quand on ne parle pas de performance, c’est rarement parce qu’elle est exceptionnelle.
Il y a un autre signe, peut-être le plus inquiétant, qui indique que quelque chose ne va pas. Ce signe vient de la FIA elle-même. La Fédération a très récemment annoncé la création d’un “filet de sécurité” (nommé ADUO) pour 2026. Ce mécanisme est spécifiquement conçu pour aider les motoristes qui seraient « largement derrière » à rattraper leur retard. Comment ? En leur offrant des heures de banc d’essai supplémentaires ou des dérogations au plafond budgétaire.
La FIA n’aurait jamais mis en place un tel système si tous les constructeurs étaient dans un mouchoir de poche. Cette règle semble taillée sur mesure pour un nouvel entrant qui serait déjà en grande difficulté. Tous les regards se tournent inévitablement vers Audi, mais aussi vers le projet Red Bull-Ford, dont Laurent Mekies a lui-même admis qu’il serait “idiot” de s’attendre à ce qu’ils rivalisent d’entrée de jeu avec les motoristes établis.