Ferrari sourde aux alertes d’Hamilton : il s’impatiente

Malgré un week-end solide au Grand Prix des États-Unis, Hamilton s’agace : ses alertes techniques chez Ferrari resteraient lettre morte.

Un podium pour Charles Leclerc, une quatrième place pour Lewis Hamilton. Sur le papier, le Grand Prix des États-Unis est le meilleur rĂ©sultat d’ensemble de Ferrari depuis un bon moment. Une bouffĂ©e d’air dans une saison 2025 morose.

Mais ce rĂ©sultat, en apparence solide, cache une frustration qui commence Ă  suinter publiquement. L’an dernier, Ă  Austin, la Scuderia signait un doublĂ©. Cette annĂ©e, elle se bat pour les restes, loin derrière McLaren. Pour le respectĂ© commentateur de Sky Sports, David Croft, Lewis Hamilton a beau sonner l’alarme, personne ne l’Ă©coute et l’impatience s’installe.

“Ce n’est pas suffisant.” Le verdict de David Croft est sans appel. “Ce n’est pas suffisant par rapport Ă  ce qu’ils ont fait l’an dernier, et ce n’est pas suffisant pour Lewis Hamilton.”

Il est allĂ© plus loin, mettant des mots sur une tension palpable : « Je pense qu’il y a des signes que Lewis perd un peu patience face Ă  ses efforts pour aider l’Ă©quipe Ă  s’amĂ©liorer, Ă  changer certaines de ses procĂ©dures… et de ne pas ĂŞtre Ă©coutĂ©. »

Croft suggère que le septuple champion du monde, recrutĂ© Ă  prix d’or pour ramener Ferrari au sommet, se heurte Ă  un mur. Un mur que d’autres avant lui ont bien connu. « Cela pourrait devenir de plus en plus une histoire », prĂ©vient-il. « Lewis veut dĂ©sespĂ©rĂ©ment aider Ferrari […], mais pour le moment, il n’a pas l’impression d’ĂŞtre Ă©coutĂ© par la direction. »

Cette analyse fait Ă©cho aux propres frustrations exprimĂ©es par Hamilton cette saison. On se souvient de sa plainte publique Ă  Singapour concernant la gestion de la file d’attente dans les stands, un problème qui, selon lui, coĂ»te cher “tous les week-ends” et que l’Ă©quipe “ne semble pas voir”. On se souvient aussi des “documents” qu’il envoie Ă  la direction pour pointer les dysfonctionnements. Des alertes qui, visiblement, restent lettre morte.

Le paradoxe de la situation, c’est qu’Ă  Austin, Hamilton lui-mĂŞme affichait un visage presque optimiste. C’est lĂ  toute la complexitĂ© du personnage et de sa situation. « J’ai enfin l’impression d’ĂŞtre en phase avec la voiture », a-t-il dĂ©clarĂ© après la course, soulignant les “points positifs” et son espoir d’un “week-end encore meilleur” au Mexique.

Alors, qui croire ? L’analyse externe de Croft ou la communication publique du pilote ? Probablement les deux.

Hamilton, en pilote d’expĂ©rience, fait la part des choses. Il est satisfait de ses progrès personnels, de sa capacitĂ© Ă  enfin commencer Ă  “faire corps” avec une monoplace qui lui a Ă©chappĂ© toute l’annĂ©e. Mais il reste lucide sur la performance collective. Il n’a pas manquĂ© de souligner que la “stratĂ©gie n’Ă©tait pas idĂ©ale” et que son propre dĂ©part n’Ă©tait “pas gĂ©nial”.

Il a beau voir des “points positifs”, sa quatrième place lui vaut un record dont il se serait bien passĂ© : 19 courses disputĂ©es pour Ferrari sans monter une seule fois sur le podium. C’est un record pour un pilote de la Scuderia.

Author: Elisabeth Maingé, Consultante
Ingénieure de formation et passionnée de Formule 1 depuis son enfance, Élisabeth Maingé évolue au sein d’un grand constructeur automobile, où elle travaille dans le domaine de la recherche et du développement. Elle met son expertise technique au service de F1ACTU en analysant les performances des monoplaces, les choix aérodynamiques et les enjeux liés aux évolutions réglementaires. Son regard d’ingénieure apporte un éclairage précis sur les forces en présence dans le paddock, en reliant les données techniques aux performances en piste.

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