Après des problèmes logiciels en FP1, Mercedes a frappé fort en FP2. Le moteur allemand a brillé en gestion d’énergie et sur les relais longs.

Le premier vendredi de la saison 2026 à Melbourne a ressemblé à une mise en route laborieuse pour Mercedes, avant qu’une démonstration de force ne vienne “climatiser” l’ambiance chez la concurrence. Si les sourires étaient de mise en fin de journée dans le garage de Toto Wolff, la matinée a pourtant donné quelques sueurs froides aux ingénieurs de Brackley.
Entre une batterie capricieuse et une gestion logicielle de l’énergie électrique encore balbutiante, George Russell et le jeune Andrea Kimi Antonelli ont passé plus de temps à “déboguer” leur monoplace qu’à chasser le chronomètre lors de la première séance.
Toto Wolff a d’ailleurs admis que ce début de week-end était un “accouchement difficile”, tout en précisant que ces problèmes n’étaient pas structurels. Il ne s’agit pas de défaillances matérielles sur le bloc conçu à Brixworth, mais plutôt de simples maladies de jeunesse liées au software.
Russell a également confirmé que ces soucis de déploiement d’énergie ont monopolisé l’attention de l’équipe, empêchant tout travail sérieux sur les réglages châssis avant la deuxième séance. Pourtant, une fois ces verrous informatiques sautés, la W17 a radicalement changé de visage.
Le vent a tourné lors de la deuxième séance d’essais libres, où le moteur Mercedes a véritablement commencé à montrer ses muscles. Oscar Piastri, au volant de sa McLaren-Mercedes, a signé le meilleur temps absolu, tandis que le duo Russell-Antonelli s’est hissé juste derrière lui. Ce n’est pas tant la vitesse sur un tour qui a marqué les esprits, mais bien l’efficacité de l’unité de puissance dans la récupération et le recyclage de l’énergie électrique.
Cette capacité à maintenir une poussée constante sur tout un tour semble être l’atout maître de Mercedes pour ce nouveau règlement, une performance qui n’a pas échappé à Charles Leclerc et Max Verstappen.
La véritable source d’inquiétude pour les rivaux réside dans les simulations de course effectuées en fin d’après-midi. Lors des longs relais, alors que les réservoirs sont chargés, les Flèches d’Argent ont affiché un rythme impressionnant en pneus durs, tournant régulièrement en 1:23. À titre de comparaison, cet avantage se chiffrait à environ trois ou quatre dixièmes par tour face à la simulation de Ferrari sur le même composé.
Même si les charges de carburant restent le secret le mieux gardé du paddock, la W18 s’est montrée plus rapide avec des pneus durs que certains de ses concurrents directs équipés de gommes plus tendres.
Cette montée en puissance donne raison à Max Verstappen, qui avait prédit dès les essais hivernaux que Mercedes cachait son jeu en attendant Melbourne. “Attendez de voir la puissance qu’ils vont soudainement trouver”, avait glissé le Néerlandais. Eh bien, nous y sommes. Si McLaren semble également profiter de cette santé moteur pour se placer en tête des bilans, c’est bien l’écurie d’usine Mercedes qui semble avoir la meilleure maîtrise de son sujet sur la durée.
La hiérarchie reste cependant fragile. Andrew Shovlin, le directeur de l’ingénierie, tempère l’enthousiasme en rappelant que la voiture souffrait encore d’un sous-virage et que la fenêtre de réglage est étroite. Les ingénieurs de Maranello et de Milton Keynes vont sans doute passer une nuit blanche à décortiquer ces chronos, car si Mercedes parvient à stabiliser sa fiabilité logicielle d’ici demain, la lutte pour la pole position pourrait bien tourner à la démonstration de force pour le constructeur allemand.
An Aussie on top Down Under 🙃
— Formula 1 (@F1) March 6, 2026
Ride onboard with @OscarPiastri as he set Friday's fastest lap around Melbourne's Albert Park Circuit 🇦🇺#F1 #AusGP pic.twitter.com/WRpJ3nkEIe





















