Ému après Abu Dhabi, Kimi Antonelli s’est excusé auprès de Max Verstappen, convaincu que son erreur au Qatar a pesé dans la perte du titre 2025.

Pendant que Lando Norris célébrait son premier sacre mondial acquis pour seulement deux points, Kimi Antonelli, la jeune recrue de Mercedes, s’est effondré dans les bras de Max Verstappen dans une scène d’une rare intensité dans le carré des interviews
« Je suis vraiment désolé. » Ces quelques mots, murmurés par le rookie italien au quadruple champion du monde déchu, résument la pression phénoménale qui pèse sur les épaules de la nouvelle génération. La réponse du Néerlandais, immédiate et bienveillante (« Ne t’en fais pas, mon pote. Tout va bien »), clôture une polémique qui aura empoisonné la fin de saison.
L’origine de ce remords se situe au Qatar, théâtre de l’avant-dernière explication de la saison. Sur le tracé de Lusail, le rookie Mercedes livrait une partition défensive remarquable face à la McLaren de Lando Norris. Malgré la dégradation avancée de ses gommes et une pression constante, le successeur de Lewis Hamilton occupait alors une précieuse quatrième place.
À deux tours du but, une légère erreur de freinage a fait glisser la Mercedes hors de la trajectoire idéale. Lando Norris n’en demandait pas tant pour s’engouffrer et récupérer deux points supplémentaires au championnat. Ironie du sort : ces deux unités constituent exactement l’écart final au classement général après Abu Dhabi.
Dans l’esprit du jeune pilote de 19 ans, sans ce blocage de roue à Doha, Verstappen serait mathématiquement champion au bénéfice du nombre de victoires.
Ce sentiment de responsabilité a été exacerbé par une séquence médiatique désastreuse. Immédiatement après l’incident du Qatar, Gianpiero Lambiase, l’ingénieur de Verstappen, a suggéré à la radio que la Mercedes s’était « rangée » volontairement pour aider McLaren.
Cette insinuation, relayée par Helmut Marko, a déclenché une vague de haine en ligne contre le jeune pilote, allant jusqu’aux menaces de mort. Pourtant, la télémétrie et les images ont rapidement disculpé Antonelli : il s’agissait d’une perte d’adhérence classique en fin de relais, non d’une manœuvre politique.
Toto Wolff a dû monter au créneau pour défendre son pilote, rappelant que Mercedes se battait pour sa propre position au championnat constructeurs. Red Bull a fini par présenter des excuses publiques pour cette interprétation erronée, mais le mal était fait : Antonelli a porté le poids de cette accusation jusqu’à la ligne d’arrivée finale.
Si le geste d’excuse d’Antonelli est noble, l’analyse froide de la course d’Abu Dhabi permet de relativiser son impact réel sur le titre. Même si Antonelli avait fini devant Norris au Qatar (ôtant ces deux fameux points au Britannique), McLaren disposait encore d’un joker stratégique lors de la finale. Oscar Piastri a terminé deuxième à Abu Dhabi, juste devant son coéquipier. Si le titre s’était joué à un ou deux points près, l’écurie Papaye aurait simplement ordonné à l’Australien de laisser passer Norris pour lui offrir la position et les points nécessaires.
L’erreur d’Antonelli a simplifié la tâche de McLaren, mais elle n’a probablement pas changé l’issue du championnat.
Loin de l’image du pilote impétueux de ses débuts, le leader de Red Bull a refusé de faire porter le chapeau de sa défaite à un rookie de 19 ans. Il sait que le championnat s’est perdu ailleurs : sur les problèmes de développement de la RB21 en début d’année et les tensions internes à Milton Keynes, bien plus que sur un freinage manqué d’une Mercedes au Qatar.
Kimi apologised to Max after the race for the points he cost him in Qatar 🥹
— Autosport (@autosport) December 7, 2025
The two points Lando gained were enough to clinch the World Championship in Abu Dhabi 🏆 pic.twitter.com/ugfAB62k1F