Antonelli menacé de mort après la sortie de Red Bull au Qatar

Menacé de mort après la polémique du Qatar, Antonelli se retire des réseaux. Red Bull reconnaît une accusation infondée, mais le mal est fait

Le Grand Prix du Qatar a dégénéré bien au-delà du sport. Kimi Antonelli, le prodige italien de Mercedes, vit depuis dimanche soir un calvaire numérique. Menacé de mort, harcelé par des milliers de messages haineux, le jeune pilote a dû se retirer des réseaux sociaux, remplaçant sa photo de profil par un carré noir. Un geste de détresse silencieux qui témoigne de la violence de la tempête.

Mais cette haine n’est pas née du néant. Elle a été allumée par une petite phrase, une insinuation lancée à chaud, qui a transformé une erreur de pilotage en théorie du complot.

Tout part d’un incident au 56e tour. Antonelli, alors 4e et sous la pression de Lando Norris, part large au virage 10. Une erreur qui permet au pilote McLaren de passer. Immédiatement, Gianpiero Lambiase, l’ingénieur de Max Verstappen, lâche à la radio une phrase lourde de sous-entendus, suggérant que l’Italien s’est “garé” pour laisser passer le rival de Red Bull. Helmut Marko, le conseiller de l’écurie autrichienne, embraye ensuite dans les médias, qualifiant la manœuvre de “trop évidente” et insinuant une complicité entre les moteurs Mercedes.

Ces mots, prononcés sous le coup de l’émotion d’un titre qui s’éloigne, ont eu l’effet d’un appel aux armes pour une frange toxique de “fans”. Selon des sources internes à Mercedes, les outils de modération de l’équipe ont flagué plus de 1100 commentaires “sévères” sur les comptes personnels d’Antonelli. Parmi eux, des menaces de mort explicites et des vœux de blessures physiques.

C’est une attaque coordonnée et massive qui vise un pilote de 19 ans pour une simple sortie de piste. Mercedes, en réponse, a annoncé collaborer avec la FIA dans le cadre de l’initiative “United Against Online Abuse“, espérant traquer et poursuivre les auteurs de ces messages.

Face à l’ampleur du désastre, Red Bull a dû faire machine arrière. L’écurie a publié un communiqué officiel reconnaissant que les accusations portées par ses membres étaient « clairement incorrectes ».

« Les images montrent qu’Antonelli a momentanément perdu le contrôle de sa voiture. Nous regrettons sincèrement que cela ait conduit Kimi à recevoir des abus en ligne, » peut-on lire. Helmut Marko lui-même a présenté ses excuses, admettant après visionnage qu’il s’agissait d’une “erreur de pilotage et non d’un acte intentionnel”.

Mais ces excuses, bien que nécessaires, arrivent après la bataille. Elles ne peuvent effacer la vague de haine qu’elles ont contribué à déclencher.

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