Mercedes a-t-elle délibérément aidé Norris au Qatar ?

Le Qatar vire à la paranoïa : Red Bull accuse Antonelli d’avoir aidé Norris, mais la télémétrie détruit la théorie et Wolff ridiculise son rival

La tension est montée d’un cran dans le paddock. Quelques minutes après l’arrivée du Grand Prix du Qatar, Toto Wolff est sorti de ses gonds avec une rare violence verbale en ciblant Helmut Marko et l’état-major de Red Bull.

Le patron de Mercedes a qualifié de « sans cerveau » et de « totale absurdité » les accusations portées par le camp autrichien, qui soupçonne le rookie Kimi Antonelli d’avoir volontairement laissé passer Lando Norris en fin de course pour l’aider dans sa lutte pour le titre.

Tout part d’un échange radio capté dans le cockpit de la Red Bull n°1, alors même que la course venait de s’achever. Gianpiero Lambiase, l’ingénieur de Verstappen, n’a pas attendu le débriefing pour partager ses doutes avec son pilote : « Je ne suis pas sûr de ce qui est arrivé à Antonelli. On dirait qu’il s’est juste garé et a laissé passer Norris. »

Helmut Marko, fidèle à sa réputation, a enfoncé le clou sur Sky Germany, affirmant que la manœuvre était « trop évidente » et suggérant une alliance objective entre les écuries motorisées par Mercedes pour barrer la route à Verstappen.

L’incident en question a eu lieu dans l’avant-dernier tour. Antonelli, alors 4e et en chasse derrière la Williams de Carlos Sainz pour le podium, est parti large au virage 10, offrant sur un plateau la position (et deux points cruciaux) à Lando Norris.

L’analyse télémétrique et vidéo démonte pourtant la théorie du complot. Kimi Antonelli ne “gérait” pas sa position ; il attaquait. En voulant aller chercher Sainz, le jeune Italien est entré trop fort dans le virage 9, a subi un gros survirage et s’est retrouvé hors trajectoire pour l’enchaînement du virage 10. C’est une erreur de pilotage classique, pas une consigne d’équipe déguisée.

C’est sur ce point que Toto Wolff a contre-attaqué, avec un argument stratégique imparable : « Nous nous battons pour la deuxième place du championnat constructeurs, ce qui est important pour nous. Kimi se battait pour une potentielle troisième place. »

L’argument est mathématique. Mercedes (459 pts) est en guerre ouverte contre… Red Bull (426 pts) pour la place de vice-champion. Offrir des points à McLaren n’a aucun sens pour Mercedes, qui a besoin de chaque unité pour sécuriser sa propre position et les millions de dollars qui vont avec. « Pourquoi ferions-nous cela ? Vous devez vraiment vous faire soigner si vous voyez des fantômes, » a tonné Wolff.

Si la sortie de Marko a mis le feu aux poudres, l’incident a été géré plus diplomatiquement en privé avec l’ingénieur de Verstappen. Wolff a révélé avoir eu une explication franche avec “GP” après la course.

« Je lui ai parlé. Il était évidemment émotif à ce moment-là… Je lui ai dit : ‘Kimi est juste sorti large’. GP a dit : ‘Désolé si j’ai causé ça [la tempête médiatique], je n’avais pas vu l’incident’. »

L’ingénieur s’est excusé, admettant avoir parlé trop vite sans voir les images. Mais le mal est fait. En lançant cette accusation, Red Bull a tenté de déstabiliser ses rivaux à l’aube de la finale. Une tactique de “guerre psychologique” habituelle, mais qui, cette fois, s’est heurtée à un Toto Wolff qui refuse de laisser l’intégrité de son pilote et de son équipe être remise en cause par ce qu’il considère comme de la paranoïa.

Author: Patrick Angler, Rédacteur en Chef
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