Longtemps hué, Max Verstappen a vécu en 2025 une saison à part : privé du titre, il a gagné le respect du public, jusqu’à être acclamé à Monza et Interlagos.

La saison 2025 de Formule 1 restera dans les mémoires comme celle où Max Verstappen a perdu son titre mondial pour deux petits points, mais a gagné quelque chose qu’il pensait inatteignable : le respect, voire l’affection, d’un public qui l’avait longtemps boudé. Habitué aux sifflets durant ses années de domination outrageuse, le Néerlandais a été surpris par une vague de soutien inédite, culminant lors de moments symboliques comme à Monza ou Interlagos.
Le Grand Prix d’Italie est traditionnellement le thermomètre de la popularité des pilotes. Historiquement, quiconque bat les Ferrari sur leurs terres s’expose à la bronca mémorable des tribunes rouges. Lewis Hamilton ou Sebastian Vettel en savent quelque chose. Pourtant, en septembre dernier, une scène surréaliste s’est produite : après une victoire nette où il a repoussé la concurrence à plus de 20 secondes, Max Verstappen a été accueilli par des acclamations nourries.
Ce n’était pas seulement un hommage au vainqueur, mais une reconnaissance du talent pur. En 2025, la Red Bull n’était plus la machine de guerre invincible des années précédentes. Voir Verstappen extraire chaque millième d’une voiture capricieuse pour tenir tête aux McLaren a changé la perception des fans. Pour le public italien, ce n’était plus “l’ogre qui gagne tout”, mais un pilote d’exception luttant contre l’adversité. Certains y voient même un signal politique : les Tifosi réclament désormais le Néerlandais à Maranello pour l’après-Hamilton.
Le Grand Prix du Brésil a offert un autre contraste saisissant. En 2021, lors de sa lutte acharnée contre Hamilton, Verstappen était l’ennemi public numéro 1 à Interlagos, terre de cœur du septuple champion du monde. Quatre ans plus tard, le vent a tourné. Alors que Lando Norris subissait les sifflets du public brésilien, les tribunes entonnaient le célèbre chant à son honneur.
Ce changement d’atmosphère s’explique par la position de chasseur qu’a occupée Verstappen durant une grande partie de la saison. En partant souvent plus loin sur la grille — comme lors de sa remontée depuis la voie des stands au Brésil pour finir sur le podium — il a réveillé l’instinct des fans qui aiment voir un champion bousculé. Max lui-même l’a admis dans le podcast Talking Bull : le rôle de l’outsider rend naturellement plus sympathique aux yeux du grand public.
Interrogé sur cette nouvelle image, Max Verstappen reste fidèle à lui-même : il ne cherche pas à plaire. C’est peut-être là que réside le secret de son gain de popularité en 2025. « Je ne cherche pas à être une personne factice. Si je réussis, c’est super, mais si j’échoue, ma vie ne s’arrête pas. À 60 ans, peu m’importera d’avoir gagné quatre ou sept titres. Je commanderai la même boisson et je mangerai la même nourriture », a-t-il confié avec un détachement déconcertant.
Ce recul par rapport aux statistiques (4 titres contre les 7 de Schumacher ou Hamilton) humanise le pilote. Les fans ont fini par comprendre que son agressivité en piste n’est pas de la méchanceté, mais une passion pure pour la compétition, dénuée de calcul politique. Cette sincérité, doublée d’un entourage stable (sa famille et ses amis proches), lui permet de traverser les tempêtes médiatiques avec une sérénité qui force l’admiration.
Si l’on regarde froidement les chiffres de 2025, Verstappen termine deuxième. Mais pour les observateurs techniques et les directeurs d’écurie, il reste la référence absolue. Il a comblé un déficit de 104 points en milieu de saison pour arriver à Abou Dabi avec une chance de titre. Pour couronner le tout, il a terminé la saison avec trois victoires consécutives alors que sa Red Bull était techniquement inférieure à la McLaren. Cette capacité à surperformer son matériel est ce qui a fini par convaincre les derniers sceptiques.