Une offensive d’Horner à 800 M€ pour Alpine prend forme

Après son éviction de Red Bull, Christian Horner viserait Alpine avec une offre de plus de 800 M, pour devenir copropriétaire de l’écurie dès 2026.

Le paddock de la Formule 1 s’apprête à vivre un séisme d’une grande ampleur. Alors que l’année 2025 s’achève sur un bilan sportif catastrophique pour Alpine — lanterne rouge du championnat des constructeurs — la perspective d’une bouée de sauvetage se profile à l’horizon. Christian Horner, l’ancien bâtisseur de l’empire Red Bull, prépare une offensive de près de 763 millions d’euros pour racheter les parts du groupe d’investissement Otro Capital.

Il ne s’agit pas d’un simple retour aux affaires pour le dirigeant britannique, mais une véritable prise de pouvoir structurelle au sein de l’écurie d’Enstone. Après son éviction brutale de Milton Keynes en juillet dernier, Horner ne cherche plus seulement un poste de directeur, mais un statut de co-propriétaire.

En juin 2023, l’arrivée d’investisseurs de renom comme l’acteur Ryan Reynolds ou la star de la NFL Patrick Mahomes avait fait grand bruit. Pourtant, deux ans plus tard, la lune de miel est terminée. Malgré l’image de marque, les résultats en piste ont chuté jusqu’à la dernière place du classement. Ces investisseurs, habitués à la culture de la gagne, seraient aujourd’hui “insatisfaits” de la gestion interne de l’écurie française.

Financièrement, l’opération reste une aubaine pour eux. En revendant leur participation de 24 % pour plus de 800 millions d’euros, ils réaliseraient une plus-value colossale : ces mêmes parts avaient été acquises pour environ 200 millions d’euros. Ce bond de valorisation, malgré les résultats sportifs, s’explique par la hausse globale de la valeur des écuries de F1, protégées par les accords Concorde qui limitent le nombre de places sur la grille.

Christian Horner veut sa revanche. Fort d’une indemnité de départ estimée à environs 100 millions d’euros perçue lors de son licenciement par Red Bull, l’homme aux 124 victoires en Grand Prix a réuni un consortium d’investisseurs pour financer cette acquisition. Son objectif n’est pas de redevenir un simple employé soumis aux décisions d’un conseil d’administration, mais d’avoir un “fauteuil à la table” des propriétaires.

Toutefois, un obstacle contractuel de taille demeure. En raison de son préavis de non-concurrence, Horner est officiellement banni de toute activité opérationnelle dans le paddock jusqu’à la fin du mois d’avril 2026. Cela ne l’empêche pas de négocier en coulisses avec le PDG de Renault, pour préparer le terrain d’un renouveau technique et managérial dès le printemps prochain.

Le duo explosif : Horner et Briatore sous le même toit ?

La question qui brûle les lèvres des observateurs concerne la cohabitation avec Flavio Briatore. L’Italien, revenu aux affaires en tant que conseiller exécutif, a déjà entamé la restructuration profonde d’Alpine, incluant la fin programmée du moteur Renault au profit d’un bloc Mercedes pour 2026.

Plutôt qu’un conflit d’ego, cette alliance pourrait s’avérer redoutable. Briatore excelle dans le nettoyage structurel et les manœuvres politiques, tandis que Horner possède l’expertise unique pour transformer une usine en machine à gagner. À Enstone, là où il a commencé sa carrière sous l’ère Benetton, Horner retrouverait des terres connues pour prouver à ses anciens employeurs autrichiens qu’ils ont commis une erreur historique en se passant de lui.

Pour un expert, Alpine est une marque prestigieuse dont la valeur sportive est au plus bas, mais dont le potentiel de rebond est immense. Le passage au moteur Mercedes en 2026 élimine l’incertitude liée au groupe motopropulseur, garantissant à l’équipe un niveau de performance moteur de premier plan.

En prenant le contrôle à ce moment précis, Christian Horner achète au prix bas (sportivement parlant) une équipe qui aura toutes les cartes en main pour remonter dans la hiérarchie dès le prochain changement de réglementation. Si l’offensive à 800 millions d’euros se concrétise début 2026, Alpine pourrait passer du statut de paria à celui de candidat sérieux aux podiums en l’espace de quelques mois.

À ce stade, aucune des parties concernées n’a confirmé officiellement l’existence de négociations avancées. Du côté d’Alpine comme de Renault, le silence reste total, et l’entourage de Christian Horner se contente de parler d’« opportunités à l’étude ». En interne, plusieurs sources du paddock rappellent que ce type d’opération financière, aussi séduisante soit-elle sur le papier, reste soumise à de nombreux verrous juridiques, politiques et industriels. Autrement dit, le scénario d’une prise de contrôle par Horner relève encore d’une projection stratégique crédible, mais non actée — un jeu d’influences qui pourrait s’accélérer… ou se dégonfler, selon l’évolution du rapport de force dans les prochains mois.

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