Laura Villars attaque la FIA en justice : la candidate à la présidence dénonce un système électoral verrouillé au profit de Ben Sulayem.

La campagne pour la présidence de la FIA vient de basculer dans un terrain explosif : Laura Villars, candidate déclarée face à Mohammed Ben Sulayem, a obtenu l’autorisation de convoquer la FIA devant le tribunal judiciaire de Paris. Une procédure en référé qui sera entendue le 10 novembre, et qui pourrait bien bouleverser la course à la présidence.
Tout est parti d’un problème structurel dans le processus électoral de la FIA. Pour présenter une candidature, chaque prétendant doit soumettre une “liste présidentielle” comprenant sept vice-présidents, un par région du monde. Problème : en Amérique du Sud, une seule personne était éligible, Fabiana Ecclestone — par ailleurs soutien affiché de Ben Sulayem. Résultat : aucun autre candidat ne pouvait légalement compléter sa liste, rendant la réélection du président sortant quasi automatique.
Laura Villars, épaulée par l’avocat Robin Binsard (barreau de Paris), dénonce une atteinte à la démocratie interne. Selon eux, le système a été conçu pour empêcher toute opposition réelle.
« Je n’agis pas contre la FIA », a-t-elle déclaré, « mais pour la protéger. La démocratie n’est pas une menace pour la FIA, c’est sa force. »
Le tribunal a reconnu “l’urgence et la recevabilité” du recours, autorisant une convocation “heure par heure”, signe que la justice française prend le dossier très au sérieux. Binsard évoque « de graves manquements démocratiques et plusieurs violations des statuts ».
Villars n’est pas seule : Tim Mayer, autre candidat évincé, soutient publiquement son initiative. Il a lui aussi dénoncé une “illusion de démocratie”, affirmant que “l’élection est terminée avant même le vote”.
Face aux accusations, la FIA maintient sa ligne : le processus électoral est conforme à ses statuts et identique à celui des précédentes élections. Dans un communiqué que nous avons pu consulter, elle assure que toutes les règles, critères et délais ont été publiés dès le 13 juin 2025 sur son site officiel.
« L’élection présidentielle de la FIA est une procédure structurée et démocratique, conçue pour garantir l’intégrité à chaque étape », écrit l’institution, tout en refusant de commenter davantage en raison de la procédure judiciaire en cours.
Derrière cette affaire se joue plus qu’une querelle électorale : l’image même de la FIA, déjà fragilisée par plusieurs polémiques sous la présidence Ben Sulayem. Villars dit vouloir « rétablir la transparence et le pluralisme ». En coulisses, certains membres influents voient dans son action une tentative de forcer la réforme d’un système verrouillé depuis des années.
Le 10 novembre, la justice parisienne devra trancher : simple manœuvre politique ou véritable crise de gouvernance au sommet du sport automobile mondial ?
🚨| FIA presidential candidate Laura Villars has launched a legal action against the FIA to challenge its election process.
— sim (@simsgazette) October 29, 2025
'Villars had expressed an intention to stand in December's presidential election against incumbent Mohammed Ben Sulayem. But a quirk of the FIA election… pic.twitter.com/aikQV3Qx9H