John Malone passe le relais : après avoir façonné la F1 moderne, le patron de Liberty Media quitte ses fonctions à la fin de l’année.

C’est une page d’histoire qui se tourne discrètement, mais qui pèsera lourd sur l’avenir de la Formule 1. John Malone, 84 ans, le magnat américain à la tête de Liberty Media, va quitter son poste de président à la fin de l’année. Celui qui a orchestré le rachat de la F1 en 2017, et façonné sa transformation médiatique, laissera les rênes à Robert “Dob” Bennett, son fidèle bras droit depuis plus de trente ans.
John Malone, fondateur de Liberty Media en 1991, a bâti un empire qui englobe aujourd’hui la F1, MotoGP, et d’autres géants du divertissement. Visionnaire discret, souvent comparé à Rupert Murdoch, il avait fait de la F1 un produit mondial : nouvelle ère marketing, séries Netflix, expansion américaine… Son empreinte est partout.
Mais après plus de trois décennies à la tête de son groupe, Malone va désormais devenir “Président émérite”, un titre honorifique qui reconnaît son rôle fondateur sans lui donner de pouvoir exécutif.
“Fonder Liberty Media et la diriger a été l’une des plus grandes aventures de ma carrière”, a-t-il déclaré. “Avec un portefeuille solide et des bases stables, il est temps pour moi de me retirer d’une partie de mes obligations.”
C’est donc Robert Bennett qui prendra le relais dès janvier 2026. Présent au conseil d’administration depuis 1994, vice-président depuis janvier 2025, Bennett a été l’un des artisans du rachat de la F1. C’est lui qui, à l’époque, avait convaincu Malone que la discipline pouvait devenir une machine à croissance mondiale.
Bennett n’est pas un inconnu dans le paddock. On l’a vu ces derniers mois aux côtés du PDG Derek Chang et de Stefano Domenicali, pour préparer une transition en douceur. Il devrait former avec eux, et Chase Carey, un comité exécutif resserré chargé de piloter la stratégie du groupe.
Officiellement, rien ne change : Malone restera actionnaire majeur, détenant près de 50 % du pouvoir de vote de la F1, et continuera d’influencer les grandes décisions en coulisse. Mais ce passage de témoin intervient à un moment crucial : la F1 est en pleine mutation commerciale et technologique, entre la montée en puissance des États-Unis, l’arrivée d’Audi, et l’explosion du numérique.
Sous Bennett, Liberty Media pourrait amorcer une phase plus “opérationnelle”, centrée sur la rentabilité et les partenariats, là où Malone incarnait la vision stratégique à long terme.
Malone laisse derrière lui un empire en ordre de marche, mais aussi une question : que deviendra la F1 sans son bâtisseur ? Pour le paddock, c’est un changement silencieux mais profond. La Formule 1, devenue marque mondiale sous son impulsion, entre dans une nouvelle phase de gouvernance.
À 84 ans, John Malone tire sa révérence, sans bruit, comme un chef d’orchestre quittant la scène pendant que la musique continue.
FT Exclusive: John Malone is stepping down as chair of his media and telecoms empire, marking the end of an era in which the 'cable cowboy' reshaped both industries over the course of 50 years of dealmaking. https://t.co/rPz0o2GYlp pic.twitter.com/vLZU2bpK8G
— Financial Times (@FT) October 29, 2025