Devant la Haute Cour de Londres, Massa se bat pour réécrire l’histoire de la F1. La FIA et Ecclestone contestent tout en bloc.

Dix-sept ans après le “Crashgate” de Singapour, l’affaire Felipe Massa connaît un nouveau rebondissement. Ce mercredi, la Haute Cour de Londres a ouvert les débats dans le procès intenté par l’ancien pilote Ferrari contre la FIA, Bernie Ecclestone et Formula One Management. Le ton est monté dès la première journée d’audience.
L’équipe de défense d’Ecclestone et de la FIA n’a pas ménagé l’ancien pilote brésilien. Selon leurs avocats, les erreurs de Massa lui-même — et celles de Ferrari — sont les véritables causes de sa défaite au championnat 2008, et non la tricherie de Renault. « M. Massa a très mal piloté à Singapour », a déclaré David Quest, avocat de Bernie Ecclestone, selon BBC Sport.
Ferrari avait en effet manqué son arrêt au stand sous voiture de sécurité, laissant Massa repartir avec le tuyau d’essence encore branché — une scène restée célèbre. Résultat : une course ruinée et zéro point à l’arrivée.
Le représentant du groupe FOM, Anneliese Day KC, a enfoncé le clou : « Ce n’est pas le déploiement de la voiture de sécurité qui a changé le cours de l’histoire, mais une série d’erreurs de course commises par M. Massa et son équipe. »
Le Brésilien, aujourd’hui âgé de 44 ans, réclame approximativement 75 millions d’euros de dédommagement. Selon lui, la FIA et Ecclestone savaient dès 2008 que Nelson Piquet Jr. avait délibérément provoqué l’accident qui avait offert la victoire à Alonso — mais ont choisi de ne rien dire pour éviter un scandale mondial.
Cette révélation n’est apparue que quinze ans plus tard, à la faveur d’une interview donnée par Ecclestone à F1 Insider en 2023. « J’ai été choqué en apprenant qu’ils savaient », a confié Massa dans sa déclaration au tribunal. Son équipe affirme que sans cette dissimulation, le Grand Prix de Singapour aurait été annulé, ce qui l’aurait mathématiquement sacré champion du monde à la place de Lewis Hamilton, battu à domicile par un seul point.
La défense, elle, cherche à faire rejeter le dossier, estimant que le délai de prescription est largement dépassé. « M. Massa aurait pu intenter une action dès 2008 ou 2009 », a plaidé l’avocat d’Ecclestone. « Cette affaire demande à la justice de rejouer un championnat vieux de 17 ans. » Le représentant de la FIA, John Mehrzad KC, a même parlé d’un recours “tortueux et excessivement ambitieux”.
L’audience, prévue sur trois jours, pourrait redéfinir les frontières entre droit du sport et responsabilité juridique. Pour la première fois, un pilote cherche à obtenir réparation judiciaire pour un championnat déjà clos — un précédent lourd de sens pour la FIA.
'Mr Hamilton outperformed Mr Massa and everyone else.' Some court transcript highlights:
— sim (@simsgazette) October 29, 2025
Formula One Management's Lawyer: "In truth, it was not the deployment of the safety car which changed the course of history for Mr Massa, but rather a series of subsequent racing errors by… pic.twitter.com/ttXWzJhXg5