Lawson révèle ce qui rend la RB22 si difficile à piloter

La RB22 pose un problème inédit à Liam Lawson : le pilote Red Bull souffre physiquement comme jamais cette saison au volant de sa monoplace

Liam Lawson a signé une très belle 8e place en qualifications à Zandvoort, mais son retour chez Red Bull lui a permis de mettre le doigt sur une différence importante avec sa Racing Bulls : la RB22 est nettement plus exigeante physiquement.

Après avoir remplacé Isack Hadjar, forfait à la suite de sa blessure au poignet, Lawson a rapidement trouvé ses marques au volant de la Red Bull. Sa 8e place en qualifications, à seulement 0,115 seconde de Max Verstappen, en est la meilleure preuve. Mais derrière le chrono, quelque chose cloche.

Karun Chandhok a repéré un détail assez parlant pendant le meilleur tour de Lawson en Q3. Dans le virage 8, le rapide Masterbocht, le pilote Red Bull a dû appuyer sa tête contre le côté gauche de son appuie-tête pour encaisser les contraintes du virage.

Chandhok a vu juste. Lawson a reconnu avoir beaucoup plus souffert physiquement dans la RB22 que dans sa Racing Bulls. « Honnêtement, je pense que c’est simplement une question d’ergonomie, le fait d’être dans une position différente, dans un siège différent. J’ai beaucoup plus souffert physiquement dans la voiture. Je n’ai pas eu ce problème avec ma voiture pendant toute l’année. »

Lawson explique que la RB22 est tout simplement très différente de la VCARB 03 qu’il connaît depuis le début de la saison.

Le niveau d’appui supérieur de la Red Bull joue évidemment un rôle. Mais selon le Néo-Zélandais, ce n’est pas la seule explication. La position de conduite, le siège et surtout le comportement de la direction changent complètement ses repères. « Tout est différent. Évidemment, à part le moteur, c’est la façon dont la voiture entre dans les virages. Le ressenti de la direction est très différent, notamment en ce qui concerne la quantité de braquage que nous mettons dans la voiture. Pour moi, c’est ce qui a été le plus difficile à comprendre ce week-end. »

On parle beaucoup de l’aérodynamique ou de l’équilibre d’une F1 quand un pilote change d’équipe, mais les sensations au volant peuvent complètement modifier les repères d’un pilote.

Lawson est arrivé à Zandvoort avec une seule séance d’essais libres avant les qualifications Sprint.

La première partie du week-end avait été encourageante, mais la SQ2 l’avait laissé à la 11e place. Il s’est ensuite bien repris avec une 8e position en qualifications, à seulement 0,115 seconde de Verstappen.

Ce résultat prend encore plus de valeur quand on connaît les difficultés physiques qu’il rencontrait dans la voiture.

La Racing Bulls VCARB 03 est devenue son environnement de référence depuis plusieurs mois. Il connaît son siège, sa direction, ses réactions et ses limites. Passer brutalement dans une RB22 qui possède davantage d’appui et des sensations de pilotage différentes demande forcément un temps d’adaptation.

Author: Elisabeth Maingé, Consultante
Ingénieure de formation et passionnée de Formule 1 depuis son enfance, Élisabeth Maingé évolue au sein d’un grand constructeur automobile, où elle travaille dans le domaine de la recherche et du développement. Elle met son expertise technique au service de F1ACTU en analysant les performances des monoplaces, les choix aérodynamiques et les enjeux liés aux évolutions réglementaires. Son regard d’ingénieure apporte un éclairage précis sur les forces en présence dans le paddock, en reliant les données techniques aux performances en piste.

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