Lewis Hamilton possède une avance importante sur Charles Leclerc au championnat, un avantage qui pourrait pousser Ferrari à privilégier le Britannique en fin de saison

La Scuderia Ferrari pourrait bientôt devoir faire un choix entre Lewis Hamilton et Charles Leclerc. L‘écurie italienne tente de réduire son retard sur Mercedes, et Frédéric Vasseur prévient ses deux pilotes que les ambitions individuelles pourraient passer au second plan.
Le message du directeur de Ferrari est sans équivoque : si la lutte pour les titres l’exige, l’écurie n’hésitera pas à imposer des consignes à ses pilotes.
Interrogé par Blick, Frédéric Vasseur a demandé à Lewis Hamilton et Charles Leclerc de faire preuve de davantage de discipline alors que la seconde moitié de la saison se profile. « Lewis et Charles doivent maintenant faire preuve d’encore plus de respect et adopter un comportement approprié. »
Le Français a ensuite prévenu ses deux pilotes que leurs intérêts personnels pourraient ne plus être prioritaires. « Il ne s’agit plus de leur propre ambition. Il s’agit de Ferrari. Nous devrons donc peut-être prendre des mesures impopulaires ! »
Vasseur n’annonce pas pour autant la mise en place immédiate de consignes d’équipe. Avec encore de nombreuses courses à disputer, Ferrari dispose de temps pour observer l’évolution du championnat et la hiérarchie entre ses deux pilotes. Mais si un choix doit être effectué dans les prochaines semaines, Charles Leclerc apparaît actuellement comme le pilote le plus susceptible de devoir s’effacer.
La situation au classement explique la prudence de Ferrari. À l’approche du Grand Prix des Pays-Bas, Lewis Hamilton occupe la deuxième place du championnat avec 50 points de retard sur Kimi Antonelli. Charles Leclerc est quatrième, 31 points derrière son équipier. Théoriquement, le Britannique dispose donc d’une avance suffisamment importante pour apparaître comme le mieux placé des deux pilotes Ferrari dans la course au titre.
La Scuderia regarde également du côté du championnat constructeurs. Ferrari accuse 72 points de retard sur Mercedes, mais estime toujours pouvoir revenir dans la lutte pour la couronne.
Lando Norris reste également un facteur à prendre en compte. Le champion du monde en titre compte 91 points de retard sur le leader, mais sa victoire en Hongrie montre qu’il pourrait encore jouer les trouble-fêtes en prenant des points aux principaux prétendants.
Leclerc reprend du terrain
La situation est toutefois loin d’être aussi simple qu’elle pouvait le sembler il y a quelques semaines.
Avant le Grand Prix de Grande-Bretagne, Hamilton comptait 49 points d’avance sur Leclerc. Depuis, le Monégasque a trouvé une meilleure fenêtre de réglages et a inscrit davantage de points que son équipier lors des trois dernières courses.
Cette dynamique pourrait donc compliquer une éventuelle décision de Ferrari. Hamilton possède aujourd’hui l’avantage au classement, mais Leclerc revient progressivement dans la bataille.
La Scuderia devra également attendre sa prochaine évolution moteur avant de déterminer jusqu’où elle peut réellement jouer le titre. Une deuxième évolution de son unité de puissance est attendue au Grand Prix d’Italie, alors que son budget consacré au développement aérodynamique est déjà largement consommé.
Ferrari n’en est pas à son premier arbitrage entre deux pilotes. La Scuderia a régulièrement été confrontée à la question des consignes d’équipe lorsque l’un de ses pilotes se retrouvait mieux placé que son équipier dans la course au titre.
Le précédent le plus célèbre reste celui de 2010, lorsque Felipe Massa avait reçu l’ordre de laisser passer Fernando Alonso au Grand Prix d’Allemagne. Alors engagé dans la lutte pour le championnat, l’Espagnol avait bénéficié d’une consigne de Ferrari après un message radio devenu culte : « Fernando is faster than you ». Massa avait finalement cédé sa position, déclenchant une vive polémique autour des consignes d’équipe.
Mais Ferrari avait déjà utilisé cette stratégie à l’époque de Michael Schumacher et Rubens Barrichello. En 2002, au Grand Prix d’Autriche, Barrichello avait laissé son équipier prendre la victoire dans les derniers mètres de la course alors que l’Allemand était déjà en position de force au championnat. La scène avait provoqué une telle controverse que la FIA avait ensuite interdit les consignes d’équipe destinées à manipuler le résultat d’une course.
Quelques années plus tard, la Scuderia a également pu compter sur Kimi Räikkönen dans un rôle de soutien auprès de Sebastian Vettel. Le Finlandais avait notamment accepté de privilégier les intérêts de son équipier lorsque Vettel était mieux placé dans la lutte pour le championnat, même si les situations n’ont pas toujours donné lieu à des consignes aussi spectaculaires que celles de 2002 ou 2010.
Ferrari pourrait donc se retrouver face à un dilemme comparable avec Hamilton et Leclerc. Le contexte est différent, mais la logique serait la même : privilégier le pilote le mieux placé dans la course au titre lorsque les enjeux deviendront prioritaires.






