La FIA prend des mesures inédites pour trancher les litiges

Les règles changent en profondeur : la FIA veut en finir avec les erreurs irréversibles et les procédures lourdes dès la saison 2026.

Photo Javier Jimenez / DPPI

En marge du gala de Tachkent, une révolution silencieuse s’est opérée dans les coulisses de l’Assemblée Générale de la FIA. Réélu sans opposition, le président Mohammed Ben Sulayem a fait valider une série de mises à jour du Code Sportif International (CSI) qui vont transformer la manière dont la justice est rendue sur les circuits dès 2026.

La mesure phare est une rupture totale avec la tradition juridique du sport automobile : les commissaires auront désormais le pouvoir de revenir sur leurs propres décisions, sans attendre qu’une écurie ne porte réclamation.

Jusqu’à présent, la procédure était rigide. Une fois une pénalité infligée en course, le dossier était clos pour les officiels. Si une preuve vidéo surgissait après coup, disculpant un pilote ou accablant un autre, les commissaires avaient les mains liées. Seule l’écurie lésée pouvait rouvrir le dossier en activant le fameux “droit de révision” (article 14 du CSI).

Cette procédure était lourde, coûteuse et complexe : l’équipe devait monter un dossier, payer une caution et prouver l’existence d’un “élément nouveau, significatif et pertinent” avant même que le fond de l’affaire ne soit rediscuté. On se souvient du cas récent au Grand Prix des Pays-Bas 2025, où Williams a dû batailler pour faire annuler une pénalité injuste contre Carlos Sainz grâce à une vidéo embarquée que la FIA n’avait pas vue en direct.

Dès l’an prochain, ce paradigme change. Les commissaires officiant en F1 (mais aussi en WEC, WRC ou Formule E) pourront déclencher eux-mêmes un réexamen s’ils découvrent une nouvelle preuve après avoir rendu leur verdict. C’est une avancée majeure vers une justice plus juste et plus réactive : si la FIA réalise qu’elle s’est trompée, elle pourra se corriger d’elle-même, sans forcer les équipes à entrer dans une guerre procédurale.

L’autre grande nouveauté est la création d’un panel de commissaires “hors compétition”. C’est une réponse directe à la complexité croissante des règlements modernes.

Souvent, les commissaires d’un Grand Prix manquent de temps le dimanche soir pour traiter des infractions techniques pointues ou des comportements survenus en dehors du strict cadre sportif. Parfois, une affaire concerne plusieurs événements successifs, rendant difficile l’intervention d’un collège de commissaires qui change à chaque course.

Ce nouveau panel permanent permettra de délocaliser ces jugements. Les commissaires présents sur le circuit pourront déléguer leur autorité à ce groupe pour des cas épineux nécessitant des analyses approfondies. Cela évitera les décisions précipitées prises à 23h00 le dimanche pour ne pas rater un avion, garantissant une meilleure sérénité dans l’analyse des faits.

Enfin, la FIA muscle son jeu sur l’intégrité des acteurs du paddock avec l’introduction du test “FPPT” (Fit and Proper Person Test). Inspiré de ce qui se fait dans le football de haut niveau ou la finance, cet outil permet d’évaluer l’aptitude des personnes clés à occuper des fonctions dans le championnat.

Concrètement, la FIA pourra écarter des individus impliqués dans des faillites frauduleuses, des escroqueries ou faisant l’objet de sanctions gouvernementales. C’est une barrière de sécurité pour protéger l’image du championnat, assurant que ceux qui dirigent les écuries ou occupent des postes stratégiques respectent des standards éthiques élevés.

Avec ces réformes, la FIA ne cherche pas seulement à moderniser ses règles, mais à fluidifier un système souvent critiqué pour sa lenteur et son incohérence. En 2026, la justice sportive aura enfin les outils pour être aussi rapide que les voitures en piste.

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