Après avoir été accusé à tort, Liam Lawson est publiquement réhabilité : la FIA confirme qu’il a réagi correctement face aux drapeaux jaunes.

La manœuvre était aussi grossière que dangereuse : faire porter le chapeau à la victime. L’autorité sportive nationale mexicaine (OMDAI) s’est livrée cette semaine à une analyse stupéfiante de l’effroyable incident des commissaires lors du Grand Prix, pointant un doigt accusateur… vers Liam Lawson.
Cette tentative de dédouanement local n’a pas tenu 48 heures. La FIA, l’instance dirigeante mondiale, a rétabli la vérité jeudi. Sa déclaration n’est pas un simple correctif diplomatique, c’est un désaveu total de l’analyse mexicaine et une défense en règle du pilote Racing Bulls.
Pour rappel, l’OMDAI avait publié un communiqué surréaliste affirmant, en substance, que Lawson n’avait pas suffisamment ralenti sous les doubles drapeaux jaunes et qu’il avait maintenu sa trajectoire de course malgré la présence “clairement visible” des commissaires. Une version des faits que la FIA a méthodiquement démontée.
L’instance suprême n’a pas fait d’analyse subjective. Elle a fait parler les données. « Ayant analysé la télémétrie de l’incident, nous pouvons confirmer que le pilote de la voiture #30, Liam Lawson, a ralenti de manière appropriée et a réagi correctement aux doubles drapeaux jaunes », précise le communiqué de la FIA, avant de conclure : « Il n’est pas en faute dans cet incident. »
Ce recadrage public de l’autorité mexicaine expose une rupture de protocole à plusieurs niveaux.
D’abord, il recentre le débat sur la véritable défaillance : la sécurité. La FIA avait déjà confirmé que l’ordre d’envoyer les commissaires en piste avait été “annulé” dès que Lawson a été vu plongeant dans la voie des stands. La question fondamentale – pourquoi étaient-ils quand même sur la piste ? – reste entière. L’enquête interne se poursuit, mais elle ne cherche plus si Lawson est coupable.
Ensuite, cet incident de communication expose une politique locale pour le moins douteuse. La tentative de blâmer Lawson, déjà pris pour cible par les fans locaux pour avoir remplacé le héros national Sergio Perez, ressemble fort à une tentative de détourner l’attention d’une faute organisationnelle majeure. En pointant du doigt le pilote “impopulaire”, l’OMDAI espérait-elle que l’affaire se tasse ?
C’est raté. La FIA, en protégeant son pilote, protège surtout l’intégrité de ses procédures. Elle remercie les commissaires pour leur “professionnalisme et leur dévouement” (une manière polie de les sortir du blâme individuel) et confirme qu’elle travaille avec l’OMDAI pour “comprendre exactement ce qui s’est passé”.
Lawson est blanchi. L’enquête sur la chaîne de commandement des organisateurs mexicains, elle, ne fait que commencer.
The FIA have had their say on the incident at the Mexico City Grand Prix, saying Liam Lawson was "not at fault" for a near miss with marshals💬 pic.twitter.com/zbGTwtmN72
— Sky Sports F1 (@SkySportsF1) October 31, 2025