Crashgate : Massa fait des révélations sur Alonso et Ferrari

Dans sa déposition, Massa raconte que Ferrari lui aurait interdit de critiquer Alonso après le Crashgate, pour ne pas ternir l’image de son futur coéquipier

Plus l’affaire Massa avance devant la Haute Cour de Londres, plus elle ressemble à une boîte de Pandore. Chaque nouveau document de l’accusation ouvre un nouveau chapitre, plus sombre que le précédent. L’offensive du Brésilien n’est plus seulement un procès contre Bernie Ecclestone et la FIA ; elle ébranle désormais les murs de Maranello.

La dernière révélation, issue de la déposition officielle de Felipe Massa, est une bombe. Elle suggère que Ferrari, sa propre équipe, aurait activement cherché à le réduire au silence pour protéger… Fernando Alonso.

L’incident en question ne date pas de 2008, mais d’octobre 2009. Le scandale du “Crashgate” a enfin éclaté aux yeux du monde. Nelsinho Piquet a avoué. Felipe Massa, lui, est en pleine convalescence après son terrible accident en Hongrie.

Interrogé par des journalistes, Massa, libéré de la pression du championnat, dit publiquement ce que beaucoup pensent en privé : il est “convaincu” que Fernando Alonso, le grand vainqueur de Singapour 2008, “savait” que la manœuvre de Piquet était intentionnelle.

La réaction de Maranello ne se fait pas attendre. Selon la déclaration de Massa, il a reçu une lettre formelle le 16 octobre 2009. Il ne s’agit pas d’un appel téléphonique amical de Stefano Domenicali, mais d’un document officiel envoyé par GSA (le cabinet gérant les contrats de l’équipe) et signé par un avocat de Ferrari, Henry Peter.

Il s’agissait d’une “réprimande”. L’équipe lui interdit de faire des commentaires publics sur Fernando Alonso. Pourquoi Ferrari défend-elle si agressivement un pilote Renault ? Parce que ce pilote n’est plus un simple rival. Massa révèle dans sa déposition qu’il avait appris, juste avant son accident de juillet 2009, qu’Alonso serait son coéquipier pour la saison 2010.

En octobre 2009, Ferrari n’est donc pas en train de défendre un pilote lambda. Elle protège son futur investissement, son nouvel atout majeur, le double champion du monde qu’elle vient de débaucher. C’est malheureusement fait aux dépens de son propre pilote, celui qui a failli mourir sous ses couleurs quelques mois plus tôt et qui vient de perdre le titre mondial à cause de cette tricherie.

L’équipe a même poussé l’humiliation jusqu’à rédiger une déclaration de rétractation que Massa devait publier. Il refuse. À la place, il se contentera d’une formule neutre, expliquant qu’il est “temps de regarder vers l’avenir”.

Pourquoi cette révélation est-elle si importante pour le procès de Massa aujourd’hui ? Parce qu’elle renforce sa thèse centrale : celle d’une “conspiration” généralisée pour étouffer l’affaire. Son accusation initiale visait Ecclestone et Mosley, qui ont admis avoir “protégé le sport” en n’agissant pas fin 2008. Mais ce nouvel élément ajoute sa propre équipe à la liste des complices.

Cela dresse le portrait d’un homme trahi de toutes parts : par la FIA, par la F1, et maintenant, selon ses dires, par la Scuderia elle-même, qui a préféré protéger son nouvel espoir plutôt que de réclamer justice pour le pilote qui lui a été loyal jusqu’au bout.

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