Qui peut croire que Ferrari va virer Hamilton pour Bearman ?

On parle déjà de Bearman chez Ferrari, comme si Hamilton était fini. Une rumeur symptomatique du théâtre permanent qu’est la F1 moderne.

Parfois, la “Silly Season” de la Formule 1 déborde de son calendrier estival pour nous offrir des rumeurs si énormes qu’elles en deviennent suspectes. La dernière en date, née dans l’euphorie du Grand Prix du Mexique, est un chef-d’œuvre du genre : Ollie Bearman, le rookie de Haas, serait pressenti pour prendre le baquet de Lewis Hamilton chez Ferrari.

Pas en 2027. Maintenant. Ou du moins, très bientôt, à en croire les gros titres alarmistes qui circulent depuis le Grand Prix du Mexique : Hamilton serait “en danger”.

Arrêtons-nous un instant. Analysons la mécanique de cette suggestion, car elle est bien plus révélatrice sur les jeux politiques du paddock que sur l’avenir réel de Lewis Hamilton.

La question n’est pas de savoir si Bearman est bon. Sa quatrième place au Mexique, acquise après un dépassement sur Max Verstappen et une gestion de course d’une maturité impressionnante, était magistrale. Son baptême du feu en Arabie Saoudite en 2024, où il avait remplacé Sainz au pied levé pour finir septième, était tout aussi remarquable. Martin Brundle, sur Sky Sports, s’est logiquement enflammé, déclarant que Bearman “devrait être” dans la Ferrari dès qu’une place se libère.

Tout cela est vrai. L’enthousiasme est justifié. Mais passer de “futur espoir pour Ferrari” à “menace immédiate pour Lewis Hamilton” ressemble à une manipulation grossière.

Il faut alors se poser les bonnes questions. “À qui profite la rumeur ?” Et “Pourquoi cibler Hamilton ?”

La réponse à la seconde question est évidente. Lewis Hamilton est le plus gros nom de la grille. Son transfert chez Ferrari en 2025 fut le séisme de la décennie. Pourtant, il court toujours après sa première victoire, son premier podium en rouge, et se bat avec une monoplace qui ne lui convient pas. Il est la cible parfaite. Lancer une rumeur sur son baquet, c’est s’assurer une couverture médiatique mondiale instantanée.

C’est là qu’intervient la première question : à qui profite ce bruit ? Certainement pas à Ferrari, qui n’a aucun intérêt à déstabiliser son pilote star, sous contrat ferme jusqu’à la fin 2026. Non, cela profite à l’entourage d’Ollie Bearman.

Est-ce un de ces ballons d’essai classique en F1 ? Il pourrait s’agir de tester la réaction du public et du paddock. De normaliser l’idée “Bearman-Ferrari”. De mettre la pression, non pas sur Ferrari, mais peut-être sur Haas, pour s’assurer des meilleures conditions pour 2026. C’est un jeu de positionnement pour 2027, car si l’on regarde froidement la saison 2025 de Bearman, la réalité est bien plus nuancée que ses exploits de Djeddah ou Mexico.

Ferrari ne promeut pas des pilotes “juste pour voir”. Le point de comparaison, c’est Charles Leclerc. La Scuderia attend un potentiel champion du monde. Or, la saison 2025 de Bearman, sa première en tant que titulaire, a été trop irrégulière, comme le soulignent les observateurs avisés. Les pics sont très hauts, mais les creux sont profonds.

On parle d’une série de dix Grands Prix sans marquer le moindre point. On parle d’erreurs de débutant coûteuses : le crash dans l’entrée des stands sous drapeau rouge à Silverstone (pénalité de 10 places). Les accidents en essais libres en Australie. La pénalité pour avoir coupé la piste à Monaco. Les accrochages (évitables, même s’il n’était pas fautif) avec Tsunoda à Austin ou Sainz à Monza.

Ces erreurs sont normales pour un rookie. Elles font partie de l’apprentissage. Mais elles prouvent une chose : il n’est pas prêt. Pas pour le broyeur politique de Maranello, ni pour se mesurer à Charles Leclerc.

La trajectoire de Bearman est excellente. Il est souvent plus rapide que son coéquipier expérimenté, Esteban Ocon, et sa tendance sur les six dernières courses (quatre fois dans les points) est très positive. Il a ce qu’il faut. Il est largement assez rapide. Mais il a besoin de ce que Haas peut lui offrir : encore une, voire deux saisons complètes pour transformer cette vitesse brute en une régularité de champion. Cette rumeur n’est pas une information ; cela ressemble à une opération de communication.

1 thought on “Qui peut croire que Ferrari va virer Hamilton pour Bearman ?

  1. On oublie que notre “multi-champion du monde” n’a plus la “vista” qui lui a permis ces prouesses !
    Déjà chez Mercedes, il était souvent derrière la jeune Russel !
    Les résultats du jeune Bearman sont tout simplement ahurissants !
    On comprend donc que Ferrari opte pour la jeunesse

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