L’Argentine ressuscite le circuit Óscar y Juan Gálvez pour revenir en F1

Le circuit de Buenos Aires vise la norme FIA Grade 1 : MotoGP en 2027 d’abord, mais le vrai rêve argentin reste la F1 et son grand retour.

Vingt-six ans après son dernier Grand Prix, l’Argentine se donne enfin les moyens de revenir en F1. Le mythique circuit Óscar y Juan Gálvez de Buenos Aires va faire peau neuve dans le cadre d’un vaste plan de modernisation. L’objectif à terme est d’obtenir l’homologation FIA de Grade 1 nécessaire à l’accueil de la Formule 1.

La première étape, déjà actée, est l’arrivée du MotoGP en 2027. Mais derrière cette vitrine moto, c’est bien la F1 qui est visée. Pour convaincre Liberty Media, le projet argentin ne manque pas d’arguments. Le design a été confié à l’Allemand Hermann Tilke, maître d’œuvre de la plupart des tracés modernes du calendrier. Sa proposition, retenue face à plusieurs alternatives, prévoit un circuit de près de 5 km mêlant sécurité, spectacle et visibilité optimale pour les spectateurs.

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« Nous avons conçu un plan en deux phases : d’abord MotoGP, puis la F1 », a expliqué Tilke lors de la présentation officielle. La première phase, qui débutera en novembre 2025, doit permettre d’atteindre le Grade 2 de la FIA – suffisant pour accueillir des compétitions de haut niveau. Mais tout est pensé pour aller plus loin, avec une extension du paddock, des garages modernisés, des zones spectateurs repensées, une capacité d’accueil portée à 120.000 personnes et même une scène de concerts.

Tilke précise que 90 % du tracé sera identique entre les deux versions, MotoGP et F1, seules deux courbes étant modifiées pour améliorer les possibilités de dépassement en monoplace. Le fameux virage du Curvón Salotto sera conservé, tout comme la Chicane Ascari, tandis que d’autres virages emblématiques comme Vivorita, Tobogán ou le S de Senna seront sacrifiés au nom de la sécurité. Leurs noms, eux, seront réutilisés pour baptiser des zones du nouveau tracé.

Les autorités de la ville de Buenos Aires, associé à des promoteurs privés comme le Groupe OSD, porte ce projet avec l’intention claire de replacer l’Argentine sur la carte mondiale du sport automobile. La présence d’Hermann Tilke, celle du maire Jorge Macri ou encore du promoteur Orly Terranova ajoutent du crédit à cette initiative. Même l’ancien ambassadeur Daniel Scioli s’est publiquement impliqué dans le dossier.

S’il reste encore beaucoup d’étapes à franchir – notamment les dizaines de millions de dollars nécessaires à l’accueil de la F1 –, l’enthousiasme est palpable. La présence de Franco Colapinto en monoplace joue aussi un rôle de catalyseur auprès du public et des investisseurs.

Le retour de la F1 en Argentine ne se fera pas du jour au lendemain. Mais jamais, depuis son départ en 1998, le pays n’avait présenté de projet aussi structuré, avec un tracé pensé dès l’origine pour accueillir la catégorie reine. Le calendrier F1 est saturé, les places sont chères, mais Buenos Aires semble prête à jouer sa carte jusqu’au bout.

Author: Elisabeth Maingé, Consultante
Ingénieure de formation et passionnée de Formule 1 depuis son enfance, Élisabeth Maingé évolue au sein d’un grand constructeur automobile, où elle travaille dans le domaine de la recherche et du développement. Elle met son expertise technique au service de F1ACTU en analysant les performances des monoplaces, les choix aérodynamiques et les enjeux liés aux évolutions réglementaires. Son regard d’ingénieure apporte un éclairage précis sur les forces en présence dans le paddock, en reliant les données techniques aux performances en piste.

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