La fin de saison vire à la roulette russe pour Red Bull

Red Bull avance dans le flou : incapacité à prédire les circuits favorables, pneus capricieux, RB21 instable. Verstappen doit survivre pour maintenir ses chances au titre

L’euphorie de São Paulo est retombée. L’exploit magistral de Max Verstappen, remontant de la 17e à la 3e place, a certes sauvé l’honneur, mais il n’a pas effacé la réalité comptable : avec 49 points de retard sur Lando Norris et seulement trois courses restantes, le titre tient du miracle.

Mais le plus inquiétant pour Red Bull à l’approche du triple-header final (Las Vegas, Qatar, Abu Dhabi) n’est pas l’écart de points. C’est l’incertitude technique totale dans laquelle l’équipe est plongée.

La RB21 est devenue une énigme pour ses propres créateurs. Laurent Mekies, directeur de l’équipe, a fait un aveu d’une franchise déconcertante avant de s’envoler pour le Nevada. « Nous nous trompons assez régulièrement pour prédire si un circuit nous conviendra ou non », a-t-il admis avec un sourire qui masque mal la tension.

L’équipe navigue à vue. Ils pensaient souffrir à Monza et Bakou ? Ils y ont été performants. Cette incapacité à corréler les simulations avec la réalité de la piste transforme chaque week-end de course en une partie de roulette russe. On appuie sur la détente le vendredi matin, sans savoir si le coup va partir.

Le Grand Prix de Las Vegas représente le scénario le plus redouté pour cette Red Bull capricieuse. Si la voiture a retrouvé des couleurs au Brésil, le Strip du Nevada propose un défi inverse. Avec un thermomètre qui affichera 10°C environ, la mise en température des pneus sera le juge de paix. Or, c’est précisément le talon d’Achille de la RB21 cette saison.

« Nous avons encore un peu de mal avec les pneus », a concédé Verstappen. « Cela dépendra du tracé, des températures. Nous pouvons la mettre dans la bonne fenêtre, mais pas toujours. »

Sur un circuit urbain à très faible appui aérodynamique, où les longues lignes droites refroidissent la gomme avant les gros freinages, une voiture qui ne tient pas ses pneus est une voiture morte. Si Red Bull ne trouve pas la fenêtre magique dès les premiers essais, le week-end pourrait tourner au cauchemar, laissant McLaren, Ferrari ou Mercedes se disputer les gros points.

Face à cette loterie, Max Verstappen affiche un certain détachement. Il ne voit pas le Brésil comme une occasion manquée, mais comme un pansement sur une hémorragie plus ancienne. « Nous n’avons pas perdu le championnat ici », analyse-t-il froidement. « Nous avons perdu le championnat de la première course jusqu’à Zandvoort. »

Le Néerlandais sait que son sort ne dépend plus de lui. Il lui faut un sans-faute, des erreurs répétées de Norris, et une voiture qui arrête enfin de jouer aux dés avec ses réglages.

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