Il y aura un procès sur le processus électoral de la FIA

Malgré une réélection assurée, Ben Sulayem devra répondre en 2026 d’un processus électoral verrouillé par des règles qui rendent impossible une liste rivale.

Le 12 décembre, à Tachkent, Mohammed Ben Sulayem sera réélu à la présidence de la FIA. C’est une certitude. Mais cette victoire, acquise sans adversaire, pourrait n’être qu’un sursis. La justice française vient de rendre une décision qui transforme ce sacre annoncé en une épée de Damoclès : il y aura bien un procès en 2026 pour juger de la légitimité de cette élection.

Le tribunal judiciaire de Paris, saisi en urgence par Laura Villars, la candidate empêchée, a rendu un verdict lourd de conséquences. Il n’a pas suspendu le scrutin, mais il a estimé que les “irrégularités soulevées” méritaient d’être examinées sur le fond.

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Au cœur du litige, un verrou statutaire ubuesque qui a empêché toute opposition. Pour se présenter, un candidat doit fournir une liste complète de vice-présidents, incluant un représentant par région du monde.

Le problème ? Pour l’Amérique du Sud, une seule personne était éligible : Fabiana Ecclestone. Or, l’épouse de l’ancien grand argentier de la F1 figure déjà sur la liste… de Mohammed Ben Sulayem.

Résultat : aucun autre candidat ne pouvait techniquement compléter sa liste. Laura Villars et l’Américain Tim Mayer se sont retrouvés bloqués par ce que l’avocat de la Suissesse, Me Robin Binsard, qualifie d’“impossibilité de présenter une liste alternative”. C’est ce mécanisme de verrouillage que la justice va devoir décortiquer.

Si Ben Sulayem pourra savourer sa réélection en Ouzbékistan la semaine prochaine, son second mandat débutera sous la menace d’une annulation pure et simple.

La première audience du procès sur le fond est fixée au 16 février 2026. Ce jour-là, les juges français devront répondre à une question cruciale : les statuts de la FIA respectent-ils les principes démocratiques élémentaires ?

Pour Laura Villars, qui se pose en défenseure de “la crédibilité et l’équité”, ce procès est une victoire en soi. « Le débat sur les manquements dénoncés commence maintenant », a déclaré son avocat.

La FIA, de son côté, affiche une sérénité de façade, se disant “concentrée sur l’assemblée générale”. Si la justice française venait à invalider l’élection en février, la crise de gouvernance qui couve depuis des mois éclaterait au grand jour, plongeant le sport automobile mondial dans une incertitude totale.

Author: Elisabeth Maingé, Consultante
Ingénieure de formation et passionnée de Formule 1 depuis son enfance, Élisabeth Maingé évolue au sein d’un grand constructeur automobile, où elle travaille dans le domaine de la recherche et du développement. Elle met son expertise technique au service de F1ACTU en analysant les performances des monoplaces, les choix aérodynamiques et les enjeux liés aux évolutions réglementaires. Son regard d’ingénieure apporte un éclairage précis sur les forces en présence dans le paddock, en reliant les données techniques aux performances en piste.

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