Abu Dhabi s’annonce comme une partie d’échecs où McLaren pourrait rejouer le piège tactique de 2016, Piastri ayant besoin de provoquer le chaos pour rester en lice.

Le crépuscule d’Abu Dhabi ne sera pas seulement le théâtre d’une course de vitesse. Ce sera un échiquier géant. Avec trois pilotes encore en lice pour le titre et seulement 16 points séparant le premier du troisième, la finale 2025 promet d’être l’une des plus cérébrales de l’histoire.
David Croft de Sky Sports a fait une référence qui donne des sueurs froides aux stratèges de McLaren : 2016. Souvenez-vous de Lewis Hamilton ralentissant délibérément Nico Rosberg pour le jeter dans les griffes de Sebastian Vettel et Max Verstappen. C’est exactement l’arme atomique qu’Oscar Piastri pourrait dégainer ce dimanche.
En regardant les chiffres, on peut affirmer que ce scénario est parfaitement plausible. Oscar Piastri (3e) a 16 points de retard sur son coéquipier Lando Norris. Si l’Australien gagne la course, il marque 25 points. Mais cela ne suffit pas. Pour être titré, il a besoin que Norris termine 6e ou pire.
Si Piastri s’échappe en tête et gagne avec 20 secondes d’avance, il offre le titre à Norris (qui n’a besoin que d’une 3e place pour être sacré quoi qu’il arrive). La victoire seule est inutile pour Piastri. Il doit gagner en créant le chaos derrière lui.
C’est là que la tactique “Hamilton 2016” entre en jeu. Piastri pourrait prendre la tête, puis ralentir volontairement le rythme, transformant la McLaren de Norris en bouchon exposé aux attaques de Verstappen, des Ferrari et des Mercedes. L’objectif : créer un “train DRS” infernal où la moindre erreur de Norris lui coûterait plusieurs places.
Le circuit de Yas Marina se prête à merveille à ce jeu dangereux, en particulier le Secteur 3. Cette section sinueuse, qui passe sous l’hôtel W, est une succession de virages à angle droit où dépasser est quasi impossible.
C’est l’endroit idéal pour “garer le bus”. Piastri pourrait y ralentir massivement pour compacter le peloton, avant d’accélérer fort dans les deux lignes droites pour se mettre hors de portée d’une attaque directe de Norris. C’est une tactique vicieuse, mais redoutablement efficace pour mettre son coéquipier sous la pression des échappements rivaux.
David Croft juge cette manœuvre « absolument acceptable ». C’est la course. Oscar Piastri a beau répéter qu’il a l’esprit d’équipe, il sait aussi que l’opportunité d’un titre mondial ne se présente pas deux fois.
Mais ce coup de poker comporte un risque fatal : Max Verstappen. Le Néerlandais (2e du championnat à 12 points) est un prédateur. S’il voit les deux McLaren jouer au chat et à la souris, il n’attendra pas une invitation.
Si Piastri ralentit trop Norris, il pourrait offrir sur un plateau le dépassement à Verstappen. Or, si Verstappen passe Norris et gagne la course, c’est lui qui devient champion (à condition que Norris finisse 4e ou pire).
C’est le cauchemar de Woking : voir ses deux pilotes se neutraliser et offrir la couronne à Red Bull. La consigne officielle est “laissez-les courir”, mais dans le secret des casques, la tentation de manipuler la course sera immense. Dimanche, le pilote le plus rapide ne sera pas forcément celui qui gagnera le titre. Ce sera le plus malin.
9 years ago today, Nico Rosberg became a Formula 1 world champion after an intense season-long title fight with Lewis Hamilton.
— Daniel Valente 🏎️ (@F1GuyDan) November 27, 2025
He would retire 5 days later.pic.twitter.com/LYogcS1RVx