Pas d’aspiration entre Ferrari : Hamilton n’a pas aidé Leclerc en qualifications, préférant assurer son propre chrono avant sa chute de 5 places

Ferrari avait une carte à jouer en qualifications à Monza entre Charles Leclerc, porté par les tifosi, et Lewis Hamilton, qui savait déjà qu’une pénalité de cinq places l’attendait sur la grille. Sur le papier, le calcul paraissait évident : utiliser la voiture du Britannique pour offrir une aspiration au Monégasque, dans un exercice où chaque centième compte. Mais le scénario ne s’est pas produit, et ce n’est pas un hasard.
Interrogé après la séance, Leclerc a reconnu que le sujet n’avait « pas vraiment » été discuté lors des réunions de préparation. Dans les faits, c’est même lui qui est sorti de la voie des stands en tête du duo Ferrari en Q3, sans aucune possibilité de bénéficier d’un appel d’air de son coéquipier. Une approche surprenante, alors que la Scuderia a déjà utilisé ce type de tactique par le passé, notamment avec Sebastian Vettel et Kimi Räikkönen.
Hamilton, de son côté, a coupé court aux spéculations. « Ce n’est pas quelque chose que j’ai déjà fait dans mes autres équipes », a-t-il rappelé, selon motorsport. Pour lui, se sacrifier aurait signifié compromettre ses propres chances, même en sachant qu’il devait reculer sur la grille. « J’avais une pénalité, mais en termes de points, il fallait quand même que je parte le plus haut possible », a-t-il justifié.
Jusqu’où une équipe doit-elle privilégier son leader potentiel au détriment de l’autre pilote ? À Monza, la densité du peloton rendait l’équation encore plus complexe. Quelques millièmes pouvaient faire basculer un résultat, et sacrifier Hamilton aurait pu laisser Ferrari avec une seule arme dans le top 10.
Leclerc, finalement quatrième, a tout de même fait vibrer le circuit en prenant un temps la pole provisoire. Mais Verstappen et les McLaren ont vite remis les choses en ordre. Hamilton, cinquième au chrono, a signé l’un de ses meilleurs tours de la saison… avant d’être repoussé au dixième rang par sa pénalité héritée de Zandvoort.
Pour le reste, Hamilton s’est montré optimiste. Le septuple champion du monde a loué les progrès de la SF-25 depuis la trêve estivale : « Dès les EL1, la voiture m’a paru solide. Nous avons progressé séance après séance, et je pense avoir tiré le maximum en qualifications. »
La course, elle, s’annonce piégeuse. Ferrari doit défendre sa deuxième place au championnat constructeurs face à Mercedes, revenue à 12 points après le zéro pointé des Pays-Bas. Hamilton sait que sa remontée sera difficile, mais mise sur la vitesse de pointe de la Ferrari et une stratégie bien calibrée pour limiter les dégâts.





















