Discrète mais efficace, Ferrari lance la nouvelle ère 2026 avec un châssis léger et maîtrisé, là où beaucoup devront corriger en urgence.

À l’heure où la Formule 1 s’apprête à basculer dans l’une des révolutions techniques les plus lourdes de son histoire, Ferrari a déjà sécurisé un paramètre que nombre de ses rivaux redoutent : le poids. La SF-26, dévoilé et mise en piste à Fiorano, affiche 770 kg en configuration complète (eau, huile, pilote), soit seulement deux kilos au-dessus du minimum réglementaire fixé à 768 kg. Un détail en apparence, mais un signal technique très fort à ce stade du cycle.
Dans un contexte de nouvelle réglementation où châssis, moteur et aérodynamique sont simultanément bouleversés, atteindre presque immédiatement le poids cible relève de l’exploit. Beaucoup d’équipes s’attendent à débuter les essais de Barcelone avec un surpoids conséquent, parfois supérieur à dix kilos. Un handicap qui, selon les estimations du paddock, peut représenter jusqu’à trois dixièmes au tour. Ferrari, elle, n’aura pas ce problème à gérer en urgence.
Cet avantage ne fait pourtant pas de la Scuderia la favorite désignée. À Maranello, le discours reste mesuré, presque froid. L’hiver a été discret, sans déclaration triomphaliste, et la saison 2025 a laissé des traces. Mais c’est précisément ce contraste qui rend la situation intéressante : Ferrari ne surjoue rien, tout en présentant une base châssis déjà au standard d’excellence attendu en fin de cycle, pas au début.
Sur le plan moteur, la prudence est de mise. Ferrari sait qu’elle ne sera probablement pas la référence absolue sur l’unité de puissance, notamment face à Mercedes, dont le bloc continue de susciter débats et réunions techniques autour du taux de compression. À Maranello, comme chez consiste à compenser toute incertitude moteur par une plateforme châssis saine, légère et flexible.
C’est là que le SF-26 marque des points. Être aussi proche du poids minimum dès la spécification de base offre une marge de développement précieuse. Chaque évolution aérodynamique, chaque renfort structurel, chaque ajustement de fiabilité pourra être ajouté sans devoir traquer désespérément le moindre gramme.
Selon les informations circulant dans le paddock, seules Audi et Alpine, seraient parvenue à atteindre le poids minimum dès le lancement, tandis que Ferrari s’en approche très fortement. Haas, de son côté, afficherait également un chiffre comparable. Pour les autres, le début des essais s’annonce plus contraint, avec des arbitrages rapides à faire entre fiabilité, refroidissement et masse.
Chez Ferrari, Loïc Serra insiste sur la solidité du projet 678, conçu pour être fiable, mais surtout adaptable. La spécification vue à Fiorano, et qui sera alignée à Barcelone, n’est pas pensée comme une version figée, mais comme une fondation. La deuxième évolution est attendue pour Melbourne, signe que la Scuderia privilégie une montée en puissance progressive plutôt qu’un pari agressif dès les premiers kilomètres.
Lewis Hamilton, visiblement marqué par ce nouveau départ, a d’ailleurs résumé l’état d’esprit ambiant après le filming day : pas d’attaque maximale, pas de recherche de performance immédiate, mais la sensation d’un socle enfin cohérent.
Active aero in action! 🛫
— Formula 1 (@F1) January 23, 2026
Spot the active aero in this clip of Lewis Hamilton in the SF-26! 👀#F1 pic.twitter.com/WTkJLQ7hxt