Comment McLaren a anéanti les plans de Red Bull à Abu Dhabi

McLaren a pris Red Bull à la gorge : Piastri a déroulé un relais énorme, Norris a calmé Leclerc, Tsunoda n’a pas résisté. Verstappen n’a rien pu faire.

Dans les livres d’histoire de la Formule 1, on retiendra que Lando Norris a remporté le titre 2025 pour deux points face à Max Verstappen. Mais derrière la gloire du pilote, c’est une partie d’échecs magistrale jouée depuis le muret des stands de McLaren qui a scellé le sort du championnat. En divisant les stratégies de ses deux pilotes dès le départ, l’écurie de Woking a piégé Red Bull et neutralisé la seule arme qui restait à Verstappen : le contrôle du rythme.

Laurent Mekies, le directeur de Red Bull, l’a reconnu lui-même après la course : « C’était très intelligent de leur part. Nous ne nous y attendions pas. » Voici comment McLaren a gagné la guerre tactique.

Le pari des pneus durs pour Piastri

Tout s’est joué avant même l’extinction des feux. Alors que Verstappen (pole) et Norris (2e) ont logiquement opté pour des pneus mediums pour le premier relais, McLaren a chaussé des gommes dures à Oscar Piastri (3e).

Ce choix a surpris tout le paddock, y compris Pirelli, car il exposait l’Australien à un départ difficile. Mais l’objectif était double :

  1. Ouvrir la fenêtre stratégique : En décalant Piastri, McLaren s’offrait un pilote capable de rouler très longtemps (42 tours !), prêt à profiter d’une éventuelle Safety Car qui aurait pu lui offrir la victoire et, par ricochet, le titre.
  2. Briser le plan “Hamilton 2016” : Si Verstappen avait voulu ralentir excessivement le peloton pour mettre Norris en danger (comme Hamilton avec Rosberg en 2016), Piastri aurait été là pour l’attaquer sans avoir à se soucier de l’usure de ses pneus.

Le dépassement audacieux de Piastri sur Norris au virage 9 dès le premier tour a validé cette approche. En s’intercalant entre Verstappen et Norris, l’Australien a forcé le Néerlandais à rouler vite pour protéger sa victoire, l’empêchant de manipuler la course à sa guise.

La bonne gestion de la menace Leclerc

Si Red Bull a été neutralisé, le vrai danger est venu de Ferrari. Charles Leclerc a maintenu une pression infernale sur Norris durant le premier relais, exploitant une SF-25 pourtant inférieure.

McLaren a répondu avec un sang-froid olympien.

  • Tour 16 : Norris s’arrête tôt pour couvrir l’undercut de George Russell, qui menaçait de ramener les Mercedes dans le jeu.
  • Tour 41 : Quand Leclerc tente un second arrêt pour surprendre Norris en fin de course, McLaren réagit immédiatement au tour suivant. L’arrêt est parfait, et Norris ressort avec un écart stabilisé, tuant dans l’œuf les espoirs de la Scuderia.

Neutraliser le “Bouclier” Tsunoda

Le moment le plus critique de la stratégie McLaren a été la gestion du trafic après le premier arrêt. Norris est ressorti derrière Yuki Tsunoda, le soldat de Red Bull missionné pour le ralentir.

Là où une hésitation aurait pu coûter le titre (en permettant à Leclerc de recoller), Norris a exécuté le plan à la perfection. Son dépassement musclé au 24e tour, bien que controversé, a été décisif. En effaçant Tsunoda rapidement, il a empêché Red Bull d’utiliser sa deuxième voiture comme une arme de destruction massive.

Échec et Mat

En fin de course, la beauté du plan McLaren a éclaté au grand jour. Piastri, grâce à son long relais initial, menait la course. Verstappen, piégé, ne pouvait pas s’arrêter pour mettre des pneus neufs sans risquer de ressortir derrière l’Australien.

Red Bull a dû se résoudre à laisser Verstappen en piste pour assurer la victoire, renonçant à toute manœuvre désespérée pour gêner Norris. McLaren a contrôlé tous les paramètres : Piastri a joué son rôle de joker stratégique, Norris a géré son rythme face à Leclerc, et Verstappen, bien que vainqueur, s’est retrouvé impuissant. À Abu Dhabi, la vitesse a gagné la course, mais c’est l’intelligence qui a gagné le championnat.

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