McLaren explique qui pourrait être favorisé à Abu Dhabi

McLaren prépare le terrain : la hiérarchie se décidera en temps réel. Le pilote hors course devra soutenir l’autre pour empêcher Verstappen d’être couronné

Face à l’imminence du dénouement à Yas Marina, McLaren a fini par mettre de l’eau dans son vin. Zak Brown, le PDG de l’écurie, a profité de la conférence de presse de vendredi pour clarifier les règles d’engagement entre Lando Norris et Oscar Piastri. Pour la première fois de la saison, le message est teinté d’un pragmatisme : l’équipe interviendra si le titre est en jeu.

La philosophie du “laissez-les courir”, qui a parfois coûté cher à l’écurie, laisse place à ce que Brown appelle désormais le “bon sens”. Jusqu’à présent, la ligne directrice était : tant que les deux pilotes sont mathématiquement en lice, ils sont libres. Avec Norris à +12 points sur Verstappen et Piastri à +16 points de retard sur son coéquipier, les deux sont techniquement éligibles au titre ce week-end.

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Mais Zak Brown a introduit une nuance capitale. Le départ de la course se fera sur un pied d’égalité Cependant, la gestion va évoluer en temps réel. « Nous serons pragmatiques et réalistes, » a-t-il expliqué. « Si, au fil du développement de la course, il devient clair que l’un a une chance significativement meilleure que l’autre, alors nous agirons en conséquence. »

En clair : McLaren ne sacrifiera pas un titre pilotes sur l’autel de la neutralité. Si Oscar Piastri se retrouve hors course pour le titre durant le Grand Prix (ce qui arrivera vite s’il n’est pas dans le top 2), il devra se mettre au service de Norris pour bloquer Verstappen ou céder sa position. « Nous n’allons pas jeter un championnat pilotes pour une 5e ou 6e place », a tranché Brown.

La question qui brûle les lèvres concerne évidemment l’obéissance d’Oscar Piastri. L’Australien a montré tout au long de la saison, et encore au Qatar, qu’il n’était pas là pour faire de la figuration. Acceptera-t-il de s’effacer si l’équipe le lui demande ? Zak Brown ne se pose même pas la question. « Je n’ai aucun doute que l’un ou l’autre de nos pilotes continuera à courir dans le meilleur intérêt de l’équipe. » Il affirme que ses pilotes ont toujours respecté les souhaits de l’écurie quand cela était nécessaire.

Cette obéissance pourrait être facilitée par la dynamique du week-end. Oscar Piastri aborde cette finale avec un handicap : il a manqué les Essais Libres 1 (remplacé par Pato O’Ward pour respecter le quota de rookies) et a raté sa simulation de qualification en EL2, terminant à une lointaine 12e place. Pendant ce temps, Lando Norris dominait les deux séances. Si cette tendance se confirme, la hiérarchie pourrait s’imposer d’elle-même en piste, évitant à McLaren d’avoir à donner des ordres désagréables à la radio.

Zak Brown refuse pourtant de parler de “volte-face” concernant sa politique sportive. Il insiste sur le fait que l’opportunité égale est donnée au départ. C’est la réalité mathématique du dimanche qui dictera la loi. McLaren veut le doublé (pilotes et constructeurs). L’écurie sait que Max Verstappen, en embuscade à 12 points, ne fera aucun cadeau. Face à un tel prédateur, la moindre division interne serait fatale. Dimanche, il n’y aura plus de place pour les états d’âme : le pilote McLaren qui ne pourra plus gagner le titre devra tout faire pour que l’autre le gagne.

Author: Patrick Angler, Rédacteur en Chef
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