Officiellement ambassadeur, Button intègre Aston Martin à un moment charnière. Derrière l’image, un rôle pensé pour accompagner la transition 2026

Jenson Button n’est pas revenu en Formule 1 pour reprendre le volant. Aston Martin a officialisé son arrivée comme ambassadeur, un mot large, presque confortable… et pourtant bien plus stratégique qu’il n’y paraît dans le contexte brûlant de 2026.
L’écurie s’apprête à changer de dimension : nouveau règlement, partenariat moteur avec Honda, première monoplace conçue sous la houlette d’Adrian Newey, et une pression politique et sportive qui n’a jamais été aussi forte autour du projet de Lawrence Stroll. C’est dans ce décor que Button fait son entrée.
Sur le papier, il s’agit de représenter Aston Martin lors d’événements mondiaux, auprès des partenaires, des sponsors et des médias, en partageant cette fonction avec Pedro de la Rosa. Une présence institutionnelle, presque classique. Mais réduire ce retour à une opération d’image serait passer à côté de l’essentiel.
Button arrive avec une mémoire très particulière de la F1 moderne. Champion du monde, vainqueur avec Honda, pilote ayant traversé plusieurs cycles techniques majeurs, il connaît intimement ce que signifie s’adapter quand tout change. Or 2026 ne sera pas une saison comme les autres. Elle exigera des pilotes une lecture fine de la gestion énergétique, de la nouvelle unité de puissance, des phases de récupération, et d’une voiture pensée selon une philosophie radicalement différente.
Button le dit lui-même : il ne sera ni coach, ni donneur de leçons. Fernando Alonso et Lance Stroll savent piloter, inutile d’y toucher. Son apport se situe ailleurs. En libérant les pilotes d’une partie des obligations hors piste, en absorbant la pression médiatique et commerciale, il leur permet de faire ce que 2026 exigera plus que jamais : penser, comprendre, expérimenter.
Cette posture reflète la maturité du projet Aston Martin. Là où certaines équipes empilent les figures sans rôle défini, Silverstone dessine une structure plus subtile : des pilotes concentrés sur la performance brute, des anciens pilotes chargés de fluidifier l’écosystème, et un noyau technique recentré autour d’une vision claire.
Le retour de Button, c’est aussi celui d’un homme qui connaît Fernando Alonso. Leur passé commun chez McLaren n’a jamais été simple, mais il a forgé un respect mutuel, basé sur la compréhension du très haut niveau. Reste la grande question, celle qui plane sans réponse définitive. Aston Martin a-t-elle les armes pour transformer cette accumulation de talents en résultats concrets ? Le discours est ambitieux, les moyens sont là, la structure est enfin cohérente.
A timeless champion.
— Aston Martin Aramco F1 Team (@AstonMartinF1) February 2, 2026
Aston Martin Aramco Team Ambassador, @JensonButton. pic.twitter.com/F7j1I6nOct