Tout ce qui va changer lors de la saison 2026 de F1

La F1 prépare 2026 : livrées plus colorées, seuil de peinture obligatoire et réflexion sur un format à deux arrêts. Le spectacle devient une priorité assumée par la FIA.

La Formule 1 de 2026 ne sera pas seulement une révolution moteur. La dernière Commission F1, qui s’est réunie cette semaine, a révélé que la FIA s’attaquait à deux problèmes majeurs de la F1 moderne : les voitures qui se ressemblent toutes et les courses qui manquent de suspense.

Le premier changement, et le plus visible, est une nouvelle règle qui vise à guérir la F1 de ce que l’on peut appeler la “carbonite”.

Depuis l’introduction des voitures 2022, lourdes et complexes, les équipes sont obsédées par le poids. Chaque gramme compte et la peinture pèse lourd. Une à une, les écuries ont donc commencé à poncer leurs monoplaces, laissant des pans entiers de fibre de carbone noire à nu pour se rapprocher de la limite de poids.

Le résultat ? Une grille où il devient difficile de différencier les monoplaces, toutes sombres et tristes. La FIA, garante du spectacle, a décidé de siffler la fin de la récréation. Il a été acté qu’à partir de 2026, au moins 55% de la surface des voitures (vues de côté et du dessus) devra être recouverte de peinture ou d’autocollants. C’est une mesure cosmétique, certes, mais qui force les équipes à redonner une identité visuelle à leur machine.

Le deuxième grand débat a été bien plus profond. Le véritable tabou de la F1 moderne a été mis sur la table : faut-il forcer le spectacle ?

Une proposition a été étudiée pour rendre obligatoires deux arrêts aux stands pour toutes les courses en 2026, avec l’obligation d’utiliser les trois types de pneus disponibles. L’objectif est de mettre fin aux courses “procession” à un seul arrêt, où les pilotes passent 50 tours à gérer leurs gommes plutôt qu’à attaquer.

Cette idée radicale n’a pas été approuvée. Du moins, pas encore. Les équipes et Pirelli ont demandé plus de temps pour analyser l’impact d’une telle mesure. Mais le simple fait que la FIA envisage une stratégie artificielle de cette ampleur montre à quel point la crainte d’un spectacle ennuyeux hante les dirigeants. Le sujet reviendra sur la table l’an prochain.

Parmi les autres changements plus mineurs, les pilotes auront désormais la liberté de changer leur numéro de course permanent au cours de leur carrière (une règle figée depuis 2014).

La Commission s’est également penchée sur deux sujets techniques majeurs. Le premier, et non des moindres, concerne le bien-être des pilotes. En réponse directe aux conditions extrêmes vues lors de certaines épreuves, la FIA a discuté de la possibilité de rendre obligatoire le Système de Refroidissement des Pilotes (DCS) dès 2026. De nouvelles conceptions de gilets et une augmentation de l’allocation de poids pour compenser sont à l’étude. L’association des pilotes (GPDA) sera désormais consultée pour finaliser le projet.

Le second point technique concerne l’équité concurrentielle : les Restrictions d’Essais Aérodynamiques (ATR) vont être modernisées. L’objectif est de mettre à jour les règles sur la soufflerie et la simulation (CFD) pour qu’elles correspondent aux “technologies contemporaines”, tout en gardant un œil sur le plafond budgétaire. Ces propositions seront soumises au Conseil Mondial du Sport Automobile le 10 décembre.

Enfin, ce qui est fascinant, c’est ce dont la Commission n’a pas parlé publiquement. Après l’interpellation de McLaren sur le moteur neuf de Max Verstappen au Brésil et son éventuel impact sur le plafond budgétaire, le silence de la FIA sur ce sujet politique est assourdissant. L’affaire n’est visiblement pas encore réglée.

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