Week-end noir pour Carlos Sainz : pénalités en série et abandon en fin de course après un problème de limiteur de vitesse.

Quand un week-end commence mal, il finit rarement bien. Carlos Sainz en a fait l’amère expérience au Mexique. L’Espagnol n’a pas seulement subi sa course ; il l’a passée à collectionner les sanctions. Un cauchemar en plusieurs actes qui a commencé avant même l’extinction des feux, et qui s’est terminé par un abandon frustrant.
Le calvaire de Sainz n’a pas débuté au premier virage de Mexico, mais une semaine plus tôt, sur le circuit d’Austin. Jugé responsable d’un accrochage avec Kimi Antonelli (Mercedes) lors du GP des États-Unis, l’Espagnol s’est envolé pour Mexico avec une pénalité de cinq places sur la grille dans ses bagages. Une sanction différée, mais aux conséquences immédiates : qualifié à une honnête septième place, il a dû s’élancer depuis le douzième rang.
Se retrouver dans le ventre mou du peloton au premier freinage à Mexico, c’est jouer à la roulette russe, et Sainz a perdu. Pris dans ce que l’on appelle poliment une “mêlée”, l’Espagnol s’est retrouvé à trois ou quatre voitures de front. Le contact était inévitable. Il est survenu avec Liam Lawson, qui n’a pas caché sa colère, reprochant au pilote Williams un manque de “conscience” de ce qui l’entourait.
Pour Sainz, les conséquences de cet accrochage n’ont pas été un abandon, mais quelque chose de plus insidieux. Le choc a endommagé une jante, et par un effet domino désastreux, a détruit les capteurs de vitesse de la roue. Conséquence directe : le limiteur de vitesse pour la voie des stands était hors service.
La course de Carlos Sainz, déjà compromise par sa position de départ, venait de basculer. Il allait devoir gérer ses passages par les stands au doigt mouillé, à l’instinct, sans l’aide électronique qui garantit de rester sous la limite fatidique des 80 km/h.
La suite est une chronique d’une catastrophe annoncée.
Acte 1 : Le premier arrêt (Tour 18) Sainz rentre aux stands, tente de gérer son freinage et sa vitesse. Il est flashé à 80,2 km/h. Un excès minime, 0,2 km/h au-dessus de la limite, mais suffisant pour la FIA. La sanction tombe : cinq secondes de pénalité.
Acte 2 : Le deuxième arrêt (Tour 46) L’équipe Williams, désormais consciente du problème technique, demande à son pilote de ne pas utiliser le limiteur défaillant, espérant qu’il gère manuellement. Mais en accélérant à la sortie de la pitlane, Sainz se rate. Le radar est impitoyable : 89,8 km/h. Soit 9,8 km/h au-dessus. Pour une seconde infraction, le couperet tombe : un drive-through.
À cet instant, la course de l’Espagnol est définitivement ruinée. Le reste n’est qu’une longue agonie, qui s’achèvera à trois tours de la fin lorsque, poussant sans doute au-delà du raisonnable, il perdra sa Williams dans la section du stade et finira contre le mur.
“C’est dommage, car j’étais vraiment rapide”, confiera-t-il, dépité. “Même avec une stratégie et une voiture compromises, nous étions rapides. Mais il y a eu trop de problèmes.” Classé 17e pour avoir couvert 90% de la distance, Sainz a passé son dimanche à payer les pots cassés : celui d’Austin et celui, bien plus coûteux, du premier virage de Mexico.