À Melbourne, Alonso et Stroll pourraient voir leur week-end basculer à cause d’une règle méconnue qui menace Aston Martin dès les qualifications.

A Silverstone, l’ambiance n’est plus aux célébrations entourant l’arrivée d’Adrian Newey. L’AMR26 était attendue comme l’arme absolue de la révolution 2026, mais elle ressemble pour l’instant à un immense point d’interrogation. Le verdict est tombé de Lance Stroll lui-même : l’écurie accuserait un retard abyssal de quatre secondes, voire quatre secondes et demie, sur les leaders.
Si ce chiffre se confirme lors de la séance de qualifications à Melbourne le 7 mars prochain, ce n’est pas seulement le podium qui s’envolerait, mais la présence même de Fernando Alonso et de son coéquipier sur la grille de départ.
Cette menace porte un nom bien connu des historiens de la F1 : la règle des 107 %. Inscrit dans le règlement sportif (Article 34.2), ce garde-fou stipule que tout pilote échouant à réaliser un temps inférieur à 107 % de la pole position lors de la Q1 peut être exclu du Grand Prix. Pour donner une échelle concrète, si la référence en Australie se situe autour de 1:15.000, la barre fatidique des 107 % tomberait à 1:20.250, soit 5,250 secondes.
En s’avouant à plus de quatre secondes du sommet dès les tests de Bahreïn, Aston Martin ne flirte plus avec la zone rouge : elle est entrée dans la zone de danger immédiat. On parle de l’écurie qui dispose du plus grand génie de l’aérodynamique de l’histoire et du soutien officiel du motoriste Honda.
Cela dit, le bilan de cette première semaine à Sakhir est accablant. Avec seulement 206 tours bouclés en trois jours, l’AMR26 est en retard sur tous ses programmes. Entre les “anomalies de données” moteur et les problèmes d’équilibre mentionnés par Stroll, la voiture semble souffrir d’une intégration complexe entre le châssis ultra-profilé de Newey et le bloc HRC.
Fernando Alonso, qui doit bouillir intérieurement, tente de calmer le jeu devant les médias en rappelant que Newey a le don de trouver des solutions là où d’autres voient des impasses. Mais le temps est un luxe que la Formule 1 n’offre jamais. Contrairement à 2019 où même une Williams poussive restait dans les clous du règlement, le saut technologique de 2026 pourrait créer des écarts de performance jamais vus depuis les années 90.
Si une écurie de pointe comme Mercedes ou Red Bull parvient à extraire tout le potentiel de son moteur électrique prématurément, elle pourrait rejeter les retardataires dans la zone de la disqualification.
Adrian Newey a-t-il été trop radical pour cette première itération ? Honda a-t-il sous-estimé la complexité de son unité de puissance ? Les réponses viendront lors de la seconde session de tests, mais le suspense est désormais teinté d’une réelle inquiétude.
À Melbourne, les stewards ont certes le pouvoir d’accorder une dérogation si le pilote a montré un rythme décent en essais libres, mais pour une équipe de l’envergure d’Aston Martin, devoir mendier son ticket d’entrée à cause d’une lenteur intrinsèque serait une humiliation historique.
Pit. Lane. Aura. ✨#F1 #F1Testing pic.twitter.com/P53zjjM45L
— Formula 1 (@F1) February 15, 2026






















Une application de cette règle serait catastrophique pour Aston Martin. Surtout que nous n’avons jamais vu avec les contraintes actuelles en terme de développement un moteur “mal né” retrouvait comme par miracle de la compétitivité. Espérons que la FIA permettra aux motoristes retardataires de faire ce qu’il faut, afin de maintenir une audience compatible avec les recettes publicitaires espérées …..
Ce n’est pas une disqualification dans ce cas mais une non qualification.