Les pilotes prennent la défense de Piastri : Sainz et Russell dénoncent une décision trop rigide et veulent redonner du bon sens au règlement

Oscar Piastri, lourdement sanctionné au Brésil par une pénalité de dix secondes qui a compromis sa course et ses chances au championnat, a trouvé des avocats inattendus : ses propres adversaires. Carlos Sainz et George Russell, figures influentes du paddock, ont publiquement critiqué la décision des commissaires, transformant un incident de course en un débat de fond sur l’avenir de l’arbitrage en F1.
L’incident, survenu lors d’une relance de course à Interlagos, a vu la McLaren de Piastri entrer en collision avec la Mercedes de Kimi Antonelli au premier virage, provoquant par ricochet l’abandon de Charles Leclerc. Les commissaires, appliquant à la lettre les directives de pilotage, ont jugé que l’Australien n’était pas suffisamment “à la hauteur” de son rival au point de corde et qu’il avait perdu le contrôle en bloquant ses roues. Une lecture réglementaire stricte, mais qui, selon les pilotes, est déconnectée de la réalité de la course.
Carlos Sainz, pilote Williams et directeur de l’association des pilotes (GPDA), a qualifié la pénalité d’“inacceptable”. Selon l’Espagnol, tout pilote expérimenté sait que Piastri ne pouvait physiquement rien faire pour éviter le contact à cet instant précis.
Le cœur du problème réside dans l’interprétation du “blocage de roue”. Pour les commissaires, un blocage est synonyme de perte de contrôle. Pour les pilotes, c’est une conséquence mécanique inévitable sur certains virages, comme le dévers du Virage 1 au Brésil, où la roue intérieure se déleste. Bloquer une roue ne signifie pas rater son virage, mais les directives actuelles ne laissent aucune place à cette nuance.
Cette fronde des pilotes met en lumière la rigidité des nouvelles directives introduites en 2025. Conçues pour apporter de la clarté après les duels musclés entre Norris et Verstappen l’an dernier, elles ont eu l’effet inverse, transformant l’arbitrage en une checklist binaire qui ignore la dynamique fluide d’une bataille en piste.
George Russell, président du GPDA, plaide pour que ces textes redeviennent de simples “lignes directrices” et non des dogmes absolus, afin de laisser aux commissaires la marge d’appréciation nécessaire pour juger chaque incident dans son contexte unique.
La solution proposée par Sainz — la professionnalisation avec des commissaires permanents pour créer une jurisprudence constante — sera au cœur des discussions lors de la réunion “urgente” demandée par les pilotes avant le Grand Prix du Qatar. En attendant, Oscar Piastri a perdu de précieux points, victime d’un système que même ses rivaux jugent cassé.
Fait notable : alors que Carlos Sainz, George Russell et même la victime de l’accrochage, Charles Leclerc, ont publiquement dédouané l’Australien, McLaren a brillé par son absence au bureau des commissaires. Cette passivité n’a pas échappé à Guenther Steiner. L’ancien patron de Haas a fustigé l’attitude de l’écurie de Woking, s’étonnant qu’elle n’ait même pas tenté de contester la sanction pour protéger son pilote, surtout lorsque les concurrents eux-mêmes plaidaient l’incident de course.
Pour Steiner, défendre son pilote n’est pas qu’une question juridique, c’est un impératif “psychologique” pour le moral des troupes. Mais comprendre pourquoi McLaren a choisi de laisser Piastri seul face à la tempête réglementaire alors que tout le paddock le soutenait… ça, c’est une autre histoire.
Two perspectives on that Piastri–Antonelli–Leclerc collision – officially ruled as Piastri’s fault, earning the Aussie a 10-second penalty.
— CHEQUERED FLAG 🏁 (@cfmagindia) November 10, 2025
With the championship margin this tight, do you think the stewards got it right? 👀#OscarPiastri #BrazilGP #F1 pic.twitter.com/aCMYFAXBgd