Merci Verstappen pour cette fin de saison remarquable !

Sans Verstappen, la saison 2025 aurait été pliée bien plus tôt. Sa remontée folle a offert à la F1 l’une de ses finales les plus intenses depuis longtemps

Photo Xavier Bonilla / DPPI

L’histoire ne retient que le nom gravé sur le trophée, et cette année, c’est celui de Lando Norris. C’est juste, mérité et historique pour McLaren. Mais si nous avons vécu l’une des finales les plus palpitantes de la décennie, nous le devons à un homme qui a refusé d’accepter la logique mathématique : Max Verstappen.

Comme le souligne l’ancien pilote Timo Glock, le paddock tout entier doit une fière chandelle au Néerlandais. Sans sa révolte improbable en deuxième partie de saison, le championnat aurait été plié bien avant les feux d’artifice d’Abu Dhabi.

Le déficit de 104 points affiché au soir du Grand Prix des Pays-Bas rend la performance finale du Néerlandais presque irréelle. Avec une RB21 alors jugée instable et capricieuse à Zandvoort, la situation condamnait logiquement Red Bull à la défaite. Les modèles statistiques donnaient le championnat pour mort bien avant la finale.

Dans n’importe quelle autre saison, l’affaire aurait été classée. Les bookmakers avaient déjà rangé leurs calculettes. Mais c’est là que la dimension du pilote a transcendé la machine.

Ce qui s’est passé entre Monza et Abu Dhabi relève de l’anomalie statistique. Aidé par une mise à jour du fond plat introduite par les ingénieurs de Milton Keynes après l’été, Verstappen a transformé une monoplace capricieuse en arme de guerre.

Le bilan comptable de ce “money time” est effrayant : 6 victoires sur les 9 derniers Grands Prix. Reprendre plus de 100 points à un duo McLaren au sommet de son art, disposant sans doute de la voiture la plus complète du plateau, est un exploit qui pèse peut-être plus lourd que certains de ses titres faciles des années précédentes.

Timo Glock a raison d’insister sur ce point : « Si on est en tête à la fin, c’est qu’on a fait beaucoup de choses correctement tout au long de l’année. » Norris est un beau champion. Mais Verstappen a porté le suspense à bout de bras, presque seul contre tous.

Là où McLaren pouvait s’appuyer sur deux pilotes capables de gagner (Piastri et Norris) pour verrouiller les stratégies, Verstappen s’est souvent retrouvé isolé face aux deux monoplaces Papaye. Il a dû compenser les faiblesses stratégiques de son équipe et l’absence de soutien en piste par un pilotage à la limite de la rupture.

Finir à deux points du titre après un tel déficit initial prouve que Verstappen n’a rien perdu de sa superbe. Glock n’hésite d’ailleurs pas à trancher le débat sur le meilleur pilote actuel : « On n’a pas besoin de discuter, c’est Max Verstappen en ce moment. »

Cette saison nous a aussi offert un duel psychologique intense. D’un côté, le “robot” Verstappen, imperturbable, qui encaisse les coups (départ de Newey, départ de Horner, voiture difficile) sans jamais montrer de faille en public. De l’autre, Lando Norris, un champion d’un genre nouveau, qui n’hésite pas à exposer ses failles et ses doutes.

Cette transparence de Norris, saluée par Glock, fait du bien à la F1. « C’est agréable de voir que les pilotes d’aujourd’hui ne sont pas seulement faits d’acier, » note l’Allemand. Norris a prouvé qu’on pouvait gagner en étant vulnérable et autocritique.

Cependant, la leçon de 2025 est claire pour McLaren : Verstappen blessé est plus dangereux que Verstappen dominant. Il a failli réussir le hold-up du siècle. En 2026, avec une nouvelle réglementation et un orgueil piqué au vif, le numéro 1 déchu ne laissera pas 104 points d’avance à ses rivaux avant de se réveiller.

Author: Patrick Angler, Rédacteur en Chef
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