Le moteur Mercedes de la McLaren 2026 a été démarré avec succès, signe d’un projet bien avancé malgré une communication volontairement minimale.

Alors que l’attention médiatique était accaparée par le lancement spectaculaire du partenariat Red Bull-Ford à Détroit et les réajustements structurels chez Ferrari, le McLaren Technology Centre de Woking a franchi une étape décisive dans le silence le plus complet. Ce vendredi 16 janvier 2026, le premier exemplaire du moteur Mercedes répondant à la nouvelle réglementation a été démarré dans le châssis de la future MCL40, selon The Race.
Le démarrage du moteur est toujours le premier véritable test de l’intégration entre le groupe motopropulseur et le châssis. Pour McLaren, l’enjeu est de prouver à nouveau qu’une écurie cliente peut être aussi bien, sinon mieux intégrée, que l’écurie d’usine Mercedes. Andrea Stella, qui a supervisé la procédure aux côtés des ingénieurs de Brixworth, mise sur la continuité.
Contrairement à Red Bull ou Audi qui partent d’une feuille blanche pour leur moteur, McLaren s’appuie sur la fiabilité de Mercedes, perçue par beaucoup comme le motoriste le plus avancé sur la technologie hybride 2026. La complexité réside dans la gestion thermique de la batterie de 350 kW et l’absence du MGU-H, des paramètres que McLaren a pu anticiper grâce à un accès précoce aux données de son fournisseur.
Une interrogation plane cependant sur Woking : la lutte acharnée contre Max Verstappen lors du dénouement de la saison 2025 a-t-elle siphonné des ressources précieuses pour le projet 2026 ? Dans un régime de plafond budgétaire, prolonger le développement d’une monoplace pour jouer un titre mondial se fait souvent au détriment de la génération suivante.
Andrea Stella balaye pourtant ces craintes. Pour le patron de l’écurie, McLaren dispose aujourd’hui de « l’un des départements techniques les plus solides vus en 26 ans de carrière ». Cette confiance repose sur la mise en service complète de leur nouvelle soufflerie et de leur simulateur de dernière génération, permettant de mener de front les deux programmes sans compromis majeur. L’objectif de la MCL40 est de ne pas subir le temps d’adaptation nécessaire aux nouvelles motorisations et capitaliser sur un châssis bien né.
La discrétion de McLaren se traduit également par son calendrier. L’écurie participera bien aux essais privés de Barcelone (du 26 au 30 janvier), mais sans avoir dévoilé sa livrée officielle. La monoplace devrait rouler dans une robe carbone brut ou de camouflage, un choix pragmatique pour éviter de révéler trop tôt les solutions aérodynamiques, notamment les dispositifs liés aux volets mobiles (aérodynamique active).
Le plan de communication est orchestré de la manière suivante :
- Tests de Barcelone (26-30 janv.) : Roulage à huis clos pour valider les systèmes.
- Lancement officiel : 9 février 2026 à Bahreïn.
- Tests publics : 10 février 2026, au lendemain de la présentation.
Ce timing permet aux ingénieurs de Woking de travailler jusqu’à la dernière minute sur les pièces définitives sans la pression d’un shooting promotionnel précoce. McLaren aborde 2026 avec une posture de favori, préférant laisser les projecteurs à ses rivaux pour mieux se concentrer sur l’exécution de son programme.
Date locked for launch 🔒
— McLaren Mastercard Formula 1 Team 🧡 (@McLarenF1) January 9, 2026