Le shakedown de Silverstone dévoile une Cadillac 2026 sérieuse, stable et pensée pour encaisser les contraintes du nouveau règlement.

Après le premier roulage d’Audi à Barcelone, c’est au tour du géant américain Cadillac de transformer l’essai. Ce vendredi 16 janvier 2026, Sergio Pérez a baptisé la toute première monoplace de l’écurie sur le tracé de Silverstone. Contrairement au shakedown très secret de la marque aux anneaux, des clichés nets ont permis une première analyse technique détaillée. Ce que l’on retient de cette sortie, c’est une approche d’une grande rationalité : Cadillac ne cherche pas la révolution immédiate, mais la fiabilité absolue pour ses premiers kilomètres.
L’analyse des formes de la Cadillac révèle une voiture moins extrême que les rendus théoriques de la Red Bull RB22. Le concept aérodynamique semble avoir été dicté par la nécessité d’accumuler du kilométrage plutôt que par la recherche d’appui maximal. On observe des pontons nettement plus volumineux que la moyenne, avec un dessin conservateur.
Ce choix privilégie le refroidissement de l’unité de puissance Ferrari. Avec les nouvelles contraintes thermiques liées à la puissance électrique accrue, Cadillac a opté pour une carrosserie longue et des ouïes de refroidissement sur le capot moteur rappelant les solutions utilisées par McLaren et Ferrari en 2025. L’objectif est d’éviter toute surchauffe lors des tests de Barcelone, quitte à sacrifier un peu de finesse aéro.
Plusieurs détails ont attiré l’œil des observateurs lors de ce roulage à Silverstone :
- Le museau et l’aileron avant : Le nez plongeant se connecte à un aileron caractérisé par une section centrale en forme de cuillère très marquée. Ce design rappelle les monoplaces du début des années 2000 et vise à maximiser le flux d’air sous le châssis.
- La suspension : Cadillac a surpris en adoptant une configuration pull-rod (tirants) à l’avant, alors que le push-rod (poussoirs) semble devenir la norme pour 2026. À l’arrière, l’écurie conserve toutefois des poussoirs, une architecture éprouvée pour la traction.
- L’admission d’air : La prise d’air supérieure affiche une forme ovoïde divisée en trois conduits distincts, une solution très proche de celle de Red Bull, optimisée pour alimenter à la fois le turbo et les systèmes de refroidissement des batteries.
Il ne faut pas oublier que sous cette robe, bat un cœur italien. L’unité de puissance Ferrari est sans doute le point fort du package Cadillac pour 2026. En s’appuyant sur le bloc de Maranello, l’équipe américaine s’offre une garantie de performance immédiate, lui permettant de se concentrer sur l’apprentissage du châssis et de l’aérodynamique active.
Le comportement de la voiture en piste a semblé sain, Sergio Pérez enchaînant les tours sans alerte majeure. Les garde-boue, imposés par le nouveau règlement pour réduire les projections d’eau, intègrent de larges ailettes horizontales destinées à générer du « outwash » (rejeter l’air sale vers l’extérieur des roues).
Pour une équipe qui part d’une feuille blanche, ce premier jet est un travail sérieux et méthodique. Cadillac n’a pas cherché à épater la galerie avec des solutions exotiques qui pourraient s’avérer instables. L’écurie se donne une base de travail robuste qu’elle pourra faire évoluer au fil des données récoltées.
Le véritable test débutera le 26 janvier à Barcelone. Cadillac y arrivera avec une voiture certes conventionnelle, mais qui semble déjà prête à affronter les longs relais. La simplicité de la Cadillac pourrait bien être sa meilleure arme pour débuter.
The first lap of something bigger. pic.twitter.com/QCOcF7RoGt
— Cadillac Formula 1 Team (@Cadillac_F1) January 16, 2026