Face aux limites observées sur la gestion de l’énergie, la FIA et les motoristes ont acté des ajustements pour redonner du souffle aux nouvelles F1 dès 2027.

La FIA, la FOM, les équipes et les motoristes ont trouvé un accord pour modifier plusieurs aspects des règles à partir de 2027. Cette décision intervient après les premiers retours du terrain. Si les nouvelles monoplaces ont offert des courses animées depuis le début de saison, certains pilotes et ingénieurs ont rapidement identifié un point faible : la gestion de l’énergie électrique est devenue tellement importante qu’elle peut parfois empêcher les pilotes d’attaquer comme ils le souhaitent.
En qualifications notamment, plusieurs observateurs ont relevé que les pilotes devaient parfois composer avec une batterie qui se vidait trop rapidement sur certaines portions du circuit. Un constat qui avait notamment alimenté les critiques de Max Verstappen ces derniers mois.
La réglementation introduite en 2026 a profondément modifié l’équilibre des groupes propulseurs. Les moteurs thermiques restent essentiels, mais la part de l’énergie électrique est devenue beaucoup plus importante qu’auparavant.
L’objectif était de rendre la discipline plus moderne et plus efficiente. Dans la pratique, certaines situations ont montré que les pilotes devaient parfois davantage gérer leur énergie que se concentrer sur l’attaque pure.
La FIA et les constructeurs ont donc décidé de corriger cet effet sans remettre en cause l’architecture générale des nouvelles unités de puissance. Concrètement, les modifications prévues pour 2027 et 2028 vont redonner progressivement davantage d’importance au moteur à combustion.
La puissance fournie par le moteur thermique augmentera légèrement, tandis que la contribution de la partie électrique sera réduite. L’objectif n’est pas de revenir aux anciennes générations de moteurs, mais d’obtenir un meilleur équilibre entre les deux sources d’énergie.
À terme, la part du moteur thermique dans la puissance totale passera progressivement d’environ 53 % aujourd’hui à près de 60 % en 2028.
Évolution réglementaire des moteurs (2026 – 2028)
| Spécifications | 2026 | 2027 | 2028 |
|---|---|---|---|
| Moteur Thermique (ICE) | |||
| Puissance maximale | 400 kW | 420 kW | 450 kW |
| Hausse du débit de carburant | – | + 5 % | + 13 % |
| Système de Récupération (MGU-K) | |||
| Puissance électrique de base | 350 kW | 300 kW | 300 kW |
| Puissance mode dépassement | 350 kW | 350 kW | 350 kW |
| Capacité de récolte maximale | 350 kW | 375 kW | 400 kW |
| Répartition de puissance (ICE / MGU-K) | 53 / 47 % | 58 / 42 % | 60 / 40 % |
Des pilotes qui pourront davantage attaquer
Paradoxalement, la FIA prévoit aussi d’améliorer les capacités de récupération d’énergie des voitures. L’idée est de permettre aux batteries de se recharger plus efficacement afin d’éviter les situations où les pilotes se retrouvent limités en pleine qualification ou dans certaines phases de course.
Les responsables de la discipline espèrent ainsi retrouver davantage de moments effectués à pleine attaque, sans que les pilotes aient à adapter excessivement leur pilotage pour économiser l’énergie disponible. C’est d’ailleurs l’un des principaux objectifs affichés de cette réforme : rendre les qualifications plus naturelles et plus spectaculaires, tout en conservant les bénéfices apportés par la réglementation 2026.
Les différents acteurs de la Formule 1 se sont déjà entendus sur le principe de ces changements. Il reste désormais une dernière étape administrative. Le package réglementaire sera présenté au Conseil Mondial du Sport Automobile le 23 juin à Macao. Sauf surprise, son adoption devrait permettre aux équipes et aux motoristes de préparer dès maintenant les ajustements nécessaires pour les saisons 2027 et 2028.





















