Le président de la FIA veut changer la situation d’Aston Martin, alors que Honda préfère miser sur son propre programme pour retrouver des performances

Le président de la FIA veut intervenir pour éviter que Fernando Alonso ne quitte la Formule 1 dans ces circonstances, allant jusqu’à évoquer des changements pour aider Aston Martin. Une démarche qui semble pourtant loin de convaincre Honda, davantage concentré sur son propre plan de développement que sur d’éventuelles solutions venues de la FIA.
Le Grand Prix d’Espagne a donné lieu à une séquence assez particulière autour de Fernando Alonso. Alors que le double champion du monde n’a toujours pas décidé s’il poursuivra sa carrière en Formule 1 en 2027, Mohammed Ben Sulayem a publiquement affiché sa volonté de peser dans le dossier.
Le président de la FIA estime qu’Alonso ne doit pas être poussé vers la sortie par les difficultés actuelles d’Aston Martin. L’écurie britannique connaît un début de cycle réglementaire particulièrement compliqué et son moteur Honda accuse encore un retard important face à plusieurs concurrents.
Ben Sulayem a donc profité de sa présence au New Economy Forum de Madrid pour annoncer son intention d’agir. Une démarche qui ne concerne plus seulement l’avenir du pilote, mais aussi les moyens dont disposent Aston Martin et Honda pour retrouver de la compétitivité.
Avec un contrat qui arrive à échéance fin 2026, l’avenir du Taureau des Asturies reste ouvert. Alonso a déjà expliqué que les nouvelles règles moteur pèseraient lourd dans sa décision et n’a pas exclu de quitter la F1 si la direction prise par la discipline ne correspond plus à ses attentes.
Ben Sulayem, lui, refuse de voir un double champion du monde terminer son aventure dans une Aston Martin en difficulté. « Il est hors de question d’accepter que Fernando Alonso, un grand champion, quitte le sport simplement à cause des circonstances. Ce n’est pas la façon de quitter la scène. Il doit encore gagner et partir quand il le souhaite, mais pas par manque de performance. »
Le président de la FIA a également expliqué avoir discuté de la situation avec Lawrence Stroll, le propriétaire d’Aston Martin, avant d’annoncer qu’il souhaitait maintenant s’entretenir directement avec Alonso.
« La voiture n’est pas performante. J’en ai discuté avec le propriétaire, Lawrence, et je vais apporter des changements. Je vais parler à Fernando pour essayer de le faire changer d’avis, car cette situation est inacceptable. »
Honda ne semble pas attendre de solution de la FIA
Le constructeur japonais est au cœur des interrogations concernant les performances de l’Aston Martin. Les mesures de la FIA ont montré un retard important de son moteur thermique lors des précédentes évaluations de développement, alors que l’équipe de Silverstone peine à se mêler à la lutte du milieu de grille.
Honda bénéficie déjà de dispositions supplémentaires liées à son retard dans ce nouveau cycle réglementaire. Mais face aux déclarations de Ben Sulayem, le motoriste japonais ne donne pas vraiment le sentiment d’attendre une intervention extérieure pour résoudre ses difficultés.
Interrogé à Madrid sur les propos du président de la FIA, Shintaro Orihara, directeur général de piste et ingénieur en chef de Honda, a répondu avec pragmatisme.
« Je ne sais pas, mais il réfléchit beaucoup. Je ne pense pas qu’il puisse nous apporter de solutions magiques. Nous nous concentrons simplement sur notre plan de développement et travaillons dur pour améliorer notre produit. C’est notre plan pour le moment. »
Une réponse qui contraste nettement avec la volonté affichée par Ben Sulayem de trouver lui-même des leviers pour améliorer la situation. Honda préfère manifestement s’en remettre à son programme technique plutôt qu’attendre une solution particulière de la FIA.
Lorsque les journalistes lui ont ensuite demandé si Honda avait déjà discuté avec Ben Sulayem de mesures ou de demandes particulières, Orihara n’a pas souhaité en dire davantage : « Je n’en ai aucune idée. »
La déclaration de Ben Sulayem prend pourtant un relief particulier à la lumière d’informations rapportées par l’édition italienne de Motorsport.com. Des discussions autour d’un nouveau dispositif destiné à accompagner Honda dans son développement pour 2027 seraient envisagées.
Plusieurs pistes auraient été évoquées, notamment une plus grande liberté dans l’homologation du moteur, davantage de flexibilité financière pour son développement ou encore des mesures ciblées dans certains domaines où Honda estime être désavantagé.
À ce stade, aucune proposition réglementaire officielle n’a toutefois été présentée.
De nouvelles concessions pourraient faire réagir le paddock
Honda a déjà obtenu une aide financière supplémentaire après son début de saison difficile dans le cadre de la nouvelle réglementation. L’éventualité de nouvelles concessions devra donc être observée avec attention par les autres constructeurs.
Le sujet est d’autant plus sensible que Honda sort de plusieurs saisons particulièrement performantes avec Red Bull. Si le constructeur parvient à combler son retard, les avantages qui lui seraient éventuellement accordés aujourd’hui pourraient avoir des conséquences sur la hiérarchie de demain.
Pour Ben Sulayem, l’enjeu dépasse désormais le simple cas d’un pilote qui hésite à prolonger sa carrière. Retenir Alonso passe aussi par la capacité d’Aston Martin et de Honda à lui offrir des raisons de croire au projet.
Mais le discours d’Orihara montre que Honda ne semble pas vouloir faire de la FIA le remède à ses difficultés. Le constructeur japonais entend d’abord améliorer son moteur par son propre travail, alors même que Ben Sulayem cherche déjà des moyens d’accélérer ce redressement.
En attendant, la réalité du championnat reste difficile pour Alonso. Pour son deuxième Grand Prix à domicile de la saison 2026, l’Espagnol a terminé à la 17e place.



