Alpine bientôt vendue à un nouvel investisseur ? Un verrou vient de sauter

Les 24 % d’Alpine sont désormais cessibles, plusieurs investisseurs pourraient se positionner après la fin du blocage de trois ans

L’actionnariat d’Alpine pourrait évoluer dans les prochains mois. Depuis le 8 septembre 2026, une restriction qui empêchait Otro Capital de vendre librement ses 24 % de l’équipe est arrivée à expiration. Le fonds peut désormais envisager une cession à un investisseur tiers, alors que plusieurs candidats ont déjà manifesté leur intérêt.

En juin 2023, le groupe Renault avait cédé 24 % du capital d’Alpine Racing Ltd, l’entité basée à Enstone, à un consortium composé d’Otro Capital, RedBird Capital Partners et Maximum Effort Investments. L’opération avait été réalisée pour 200 millions de dollars.

Trois ans plus tard, les documents déposés au Royaume-Uni montrent qu’une restriction importante concernant les parts d’Otro Capital est arrivée à échéance.

Depuis l’adoption des statuts concernés, le 7 septembre 2023, Otro Capital ne pouvait pas transférer librement ses actions à un tiers. Le fonds pouvait notamment les céder à Alpine ou au groupe Renault, ou procéder à certains transferts internes. Cette période de restriction a pris fin le 8 septembre 2026. Otro Capital peut donc désormais étudier une vente de ses 24 % à un investisseur extérieur, sous réserve des conditions qui restent prévues par les statuts.

Le fonds cherche déjà depuis plusieurs mois à trouver une issue à cet investissement. La hausse spectaculaire de la valeur des équipes de F1 rend l’opération particulièrement intéressante pour ses actionnaires. En août, Flavio Briatore estimait ainsi la valeur d’Alpine à environ 3,2 milliards de dollars. À cette valorisation, les 24 % détenus par Otro Capital représenteraient environ 768 millions de dollars, contre 200 millions lors de l’investissement initial.

Qui pourrait racheter les parts d’Otro Capital ?

Plusieurs candidats ont été évoqués ces derniers mois. Le profil recherché par Renault n’est toutefois pas forcément le même que celui qui intéresse Otro Capital.

Le fonds cherchera logiquement à obtenir le meilleur prix pour sa participation. Renault souhaite de son côté attirer un investisseur capable de contribuer davantage au projet sportif d’Alpine.

Mercedes faisait partie des pistes étudiées. Le constructeur allemand avait entamé des discussions avec Renault avant de mettre fin aux négociations en mai. Le montant évoqué, autour de 720 millions de dollars pour les 24 %, aurait notamment été considéré comme trop élevé.

Le nom de Christian Horner revient également dans le dossier. L’ancien patron de Red Bull cherche toujours à préparer son retour en Formule 1 et souhaite, pour son prochain projet, détenir une participation au capital. Les parts d’Otro Capital pourraient donc représenter une possibilité concrète pour lui et les investisseurs qui l’accompagnent.

Renault conserve certains droits sur la vente

L’expiration de la clause de trois ans ne signifie toutefois pas qu’Otro Capital peut vendre ses actions à n’importe quel acquéreur sans restriction.

L’article 39 des statuts d’Alpine prévoit encore certaines protections pour Renault. Le groupe peut notamment s’opposer à des acheteurs appartenant à certaines catégories, parmi lesquelles des constructeurs automobiles concurrents ou des personnes liées à une autre équipe de Formule 1.

Renault dispose également d’un droit de veto pouvant être exercé à plusieurs reprises après l’expiration de la période de restriction. Les conditions applicables aux éventuels acquéreurs restent donc importantes dans la suite du dossier.

Mais la date du 8 septembre marque bien une nouvelle étape. Otro Capital peut désormais chercher plus librement un acheteur pour ses 24 % d’Alpine, et plusieurs noms circulent déjà.

Le prochain enjeu sera donc de savoir qui sera prêt à payer le prix demandé par le fonds et, surtout, quel investisseur Renault acceptera de voir entrer au capital de l’écurie.

Author: Patrick Angler, Rédacteur en Chef
Fondateur de F1ACTU.COM, je suis la Formule 1 depuis plus de 35 ans. Cette expérience me permet d’apporter un regard à la fois passionné et analytique sur l’évolution du championnat, de ses enjeux techniques à ses coulisses. F1ACTU propose une couverture quotidienne de l’actualité F1 avec une attention particulière portée aux évolutions techniques, aux décisions réglementaires et aux mouvements du paddock. Chaque publication fait l’objet d’un travail éditorial rigoureux afin de garantir des contenus clairs, contextualisés et fiables. Média indépendant et spécialisé, F1ACTU s’attache à offrir une information réactive, accessible et fidèle à l’exigence qu’attendent les passionnés de Formule 1.

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